Lecture féministe n° 5

Dans « Troubles dans le consentement, du désir partagé au viol » (Editions François Bourin) Alexia Boucherie a pour projet d’ouvrir la boite noire des relations sexuelles.

Après une introduction où elle affirme que le consentement sexuel est une pratique qui s’apprend,  à partir de ses enquêtes de terrain, l’auteur aborde  successivement :

  • L’ordre sexuel et ses normes
  • La fabrique des zones grises de la sexualité
  • « Je n’en avais pas envie, mais.. »
  • Apprentissages de la sexualité en hétéronormativité
  • Recevoir et produire de la violence : interpréter le viol
  • Quand l’intime devient politique : résister à l’hétéronormativité

J’ai choisi de sélectionner quelques passages qui m’ont paru particulièrement intéressants dès  qu’on réfléchit aux conditions d’une éducation sexuelle adaptée à notre époque et qu’on aborde les problèmes de violences sexuelles.

Elle donne d’abord une définition philosophique du consentement  : « Un acte par lequel quelqu’un donne à une décision dont un autre a eu l’initiative l’adhésion personnelle nécessaire pour passer à l’exécution ». On peut ainsi situer le consentement par rapport à la demande ou à la proposition : celui ou celle qui donne son consentement ne fait aucune demande. Il ou elle n’a pas l’initiative.

Autre opposition : une relation sexuelle consentie d’une qui ne l’est pas. On distingue ce qui relève de la sexualité de ce qui relève du viol.

Quelle est la légitimité à disposer du corps d’autrui ? Qu’entend-on par viol ?

Le viol, jusqu’en 1980 où la loi change, désigne un coït illicite avec une femme dont on sait qu’elle n’est pas consentante. Ensuite on admet que toute personne peut être violée et pas seulement des femmes. Un élément le caractérise :  la pénétration. L’acte de viol est cadré légalement mais pas la notion de consentement sexuel. On parle seulement de non-consentement (contrainte)

L’auteure insiste sur les conditions du consentement qui permettent d’écarter le soupçon de viol :

  • Le contexte avec la place de la liberté de chacun qui diffère selon les époques. On constate ainsi une remise à niveau des questions concernant le consentement à partir de la fin du 20ème siècle. Auparavant le corps des femmes était la propriété des hommes de la famille.
  • Le consentement peut être libre ou forcé (le oui est entre le choix et la contrainte).
  • Il doit être éclairé (dans le domaine médical et juridique, l’initiatrice du contrat doit dévoiler les composantes de l’acte).
  • Il doit être énoncé, exprimé d’où l’absence de doute.

En quoi notre pratique routinière des relations sexuelles supposées libres et éclairées est-elle troublée par les rapports de pouvoir inhérentes à un apprentissage genré du consentement ?

A l’heure où l’on prône l’égalité pour toutes pourquoi cette question du consentement est-elle si compliquée à mettre en œuvre ?

Le but de son enquête : éclaircir ce qui se trouve entre le sexe consenti et le désir, celui qui est consenti mais qui est non désiré (zone grise) et celui qui ne l’est pas (le viol).

Comment chez les individues se fait l’apprentissage des limites et des envies et le respect ou la transgression des limites dans un cadre de relations non viciées.

Les relations sexuelles les plus quotidiennes sont des lieux où s’exercent les rapports de pouvoir, d’où la nécessité de prendre en compte le contexte de la relation car nous exerçons ou subissons toutes des rapports de pouvoir dans une situation donnée en fonction des membres présentes en interaction qui influencent nos actions

On peut être critique face aux discours qui considèrent que

  • Le consentement est la traduction directe d’une envie et/ou d’un désir sexuel ;
  • Que chacun est en capacité libre et éclairée de dire oui ou non et de le verbaliser/ le montrer explicitement
  • Que les viols sont les seules relations sexuelles forcées
  • Et que toutes les autres sont- par opposition – les seules dénuées de rapports de pouvoir

La grille de lecture du genre rend compte du fait que le viol est favorisé par les rapports sociaux de sexe asymétriques. Il bénéficie d’un ancrage culturel par lequel il se perpétue que les féminismes militantistes appellent « culture du viol », les violeurs étant des hommes proches (famille, amis, voisinage).

Sexe et obligation :

Si les hommes hétérosexuels considèrent que leurs pratiques sont guidées quasi exclusivement par leurs envies, les femmes sont quant à elles plus conscientes de l’obligation que peut représenter le rapport sexuel dans leurs relations affectives et choisissent de s’y conformer ou non. Cela n’indique pas que les hommes sont entièrement libres mais les techniques de rationalisation divergent selon les positions sociales des individues au sein de la matrice hétérosexuelle.

Elles pouvaient dire non mais elles ont dit oui aux préliminaires, ce qui a laissé entrevoir qu’elles désiraient cette relation. Ce type d’argument persiste jusque dans les procès pour agressions sexuelles et viols. C’est la zone grise par conformité.

Le livre contient des extraits d’entretiens qui illustrent les différents points de l’enquête.

Contes de fées et plan de vie psychologique

article paru en anglais dans le Transactional Analysis Journal (juillet 2004)

Présentation :

Les contes de fées occupent une place à part dans la littérature, celle d’une variante populaire des mythes. A ce titre, ils ont intéressé les fondateurs de l’analyse transactionnelle (1) et continuent d’intéresser les psychologues et les éducateurs. On peut y voir une métaphore de la vie sociale.
Racontés aux petits enfants, ils contribuent à leur éducation et leur proposent des modèles positifs en vue d’une vie sociale réussie. En tant qu’analyste transactionnelle travaillant dans le champ de l’éducation et des apprentissages, je suis intéressée par “les aspects sains et fonctionnels du processus par lequel nous “faisons le sens” dans la construction psychologique de la réalité”, comme nous y invite William F. Cornell (T.A.J. 18 octobre 1988 pp 270-282: “Life script theory : A critical review from a developmental perspective”).
Je me propose donc de rappeler quelle est la place des contes de fées dans la littérature et la psychologie, comment les analystes transactionnels psychothérapeutes les ont utilisés et je présenterai une autre lecture propre aux aspects sains et fonctionnels du scénario de vie incluant l’apprentissage des rôles sociaux.
Pour étudier les relations de rôles, je ferai un détour par la notion de “définition de la relation “développée par le groupe de Palo-Alto.

– I – Aspects littéraires :

La place particulière des contes de fées dans la littérature :
Les contes de fées appartiennent à la tradition orale. Ils se transmettent dans les campagnes depuis la nuit des temps et, à l’inverse des mythes grecs et des récits d’animaux qui ont fourni la matière des fables d’Esope ou de La Fontaine, ils n’ont été fixés que tardivement par le passage à l’écrit. Charles Perrault en a sélectionné certains et les a mis en vers à destination de la cour du roi de France au 17ème siècle. Les plus connus sont “Barbe-Bleue”, “La Belle au bois dormant”, et “Cendrillon”. Au 19ème siècle, les frères Grimm ont transcrit des contes de différentes régions d’Allemagne avec leurs versions locales et ces traductions sont allées rejoindre le fonds commun de lecture des petits enfants européens. Parmi eux, “Blanche Neige”, “Hansel et Gretel” et” Le joueur de flûte de la ville d’Hamelin”.
Aujourd’hui encore on continue de transcrire les histoires que les différents peuples du monde racontent à leurs enfants.
La structure des contes:

Ma référence est l’ouvrage du folkloriste russe, Vladimir Propp, “Morphologie du conte”, publié en 1928 (2). La traduction de cet ouvrage en anglais en 1958 et sa sortie aux Etats-Unis ont contribué à le faire connaître d’un plus large public. Propp distingue dans les personnages des contes sept rôles, chacun ayant sa sphère d’action. Ces rôles sont l’antagoniste ou l’agresseur, le donateur, l’auxiliaire, la princesse ou son père, le mandateur, le héros et le faux héros.

Les personnages ont leurs motivations . Celles du héros forment l’objet de la quête. Elles ne sont pas explicitées par Propp, mais le lecteur de contes n’aura pas de mal à les trouver : la survie physique (ne pas être tué), économique ( ne pas mourir de faim), ou psychologique ( échapper à l’inceste). Ce peut être aussi la formation d’un couple, fonder une famille, découvrir qui on est, retrouver ses parents ou ses frères, être aimé pour soi-même ou tout simplement la quête du pouvoir , symbolisé par la princesse ou son père, le roi.

Propp a dégagé 31 fonctions du conte. Ce sont des événements qui se reproduisent dans la plupart des contes. Le déroulement de l’histoire se fait par ruptures successives : des moments de déséquilibre et d’équilibre se succèdent; le héros en position de faiblesse au départ (position basse) passe ensuite successivement en position haute (dominante) ou basse (dominée) et termine en position haute. Nous trouvons ici le schéma de base de tous les récits centrés sur un héros qu’on appelle “récits d’initiation”.

– II – Aspects psychologiques :

Le rôle des contes auprès des enfants :
Ces histoires ont en effet le point commun d’être des récits d’initiation aux rôles sociaux. Ils font la promotion des qualités de courage, d’énergie, d’entraide et de persévérance, valorisées par la société. Ils inspirent aux auditeurs et aux lecteurs des émotions profondes et transmettent une sagesse.
Ils contiennent une série de messages venant du Parent de l’humanité que les conteurs se transmettent de génération en génération à l’intention des jeunes qui se demandent ce qui les attend dans la vie. A des époques où la mortalité des mères était importante et où il y avait beaucoup d’orphelins, ces messages pouvaient se comprendre à différents niveaux selon le public. C’était autant de leçons de vie pour les tout petits qu’ils séduisaient par leur aspect merveilleux : animaux qui parlent, auxiliaires magiques comme les bottes de sept lieues ou les tapis volants. Pour les jeunes et les moins jeunes qu’ils ramenaient au monde de leur enfance et qui les écoutaient dans leur état du moi Enfant, c’était une leçon d’espoir et de confiance dans l’être humain.
Ils contiennent mises en garde et encouragements et insistent d’une part sur les dangers du monde : personnages terrifiants ou imprévisibles, faux héros qui n’hésitent pas à tromper les autres et à trahir leur parole, personnages guidés par leur intérêt matériel ou leurs instincts destructeurs. Pour les adultes qui écoutent, le sens de ces dangers, c’est la mort, la mutilation physique ou psychique, la

perte de ses proches ou de ses biens. Ils décrivent ainsi des héros, au départ en position de faiblesse, qui s’en sortent et triomphent des épreuves.
Bruno Bettelheim (3) les aborde dans son ouvrage “Psychanalyse des contes de fées” du point de vue du développement de l’affectivité et du déroulement de la vie psychique. Les contes parlent à mots couverts aux enfants de ce qu’ils vivent au quotidien : drames de la séparation, de la compétition fraternelle, ambivalence à l’égard des parents.

Comment expliquer leur pouvoir? :
Ces histoires se racontaient lors des veillées d’hiver. Le talent des conteurs s’exerçait dans une atmosphère propice, de caractère hypnotique. C’est encore le cas lorsqu’un parent lit à son enfant une histoire avant qu’il ne s’endorme, ou qu’un enseignant de maternelle réunit les petits autour de lui pour leur lire un conte. Ces moments sont favorables à l’apprentissage des émotions : la peur du danger imaginé, la colère devant l’échec, la tristesse de la perte, la joie de la réussite finale. Le rôle du conteur y est primordial.

– III – L’approche des transactionnalistes :

Contes et scénario de vie :
Les premiers analystes transactionnels, Eric Berne, Stephen Karpman et Fanita English en particulier , ont mis en évidence l’influence des contes sur le scénario de vie de leurs clients (1 et 5). Cette influence s’explique en partie par les éléments non-verbaux de la transmission du récit oral, qu’il soit improvisé, raconté de mémoire ou lu. Par un coup d’oeil complice, une maman peut laisser entendre à son enfant : “ça, c’est tout toi!”, transformant un constat en attribution (4).

La thèse de Karpman :
Dans son article “Contes de fées et analyse dramatique du scénario”, (5) Karpman parle de l’influence des contes sur les jeunes esprits au niveau subconscient.
Il présente un diagramme des rôles joués par les personnages du conte qui sont tous en relation entre eux. L’hypothèse est que ces rôles sont ceux du scénario de vie de la personne dont c’est le conte préféré.
Dans la thérapie, on aborde les personnages du conte favori du client comme on aborde ses rêves : de même que chaque partie du rêve parle du rêveur, chaque personnage ou élément du conte tel que le client l’a retenu parle de lui. Il s’y projette successivement ou attribue aux personnages différents rôles dans son histoire, d’où l’intérêt du conte pour la résolution des impasses.
L’article de Steve Karpman contient entre autres quatre idées essentielles pour mon propos :
– tous les rôles sont interchangeables;

– le drame (mot qui signifie action) est constitué par les renversements émotionnels des rôles;
– ces rôles peuvent se résumer à trois : celui de Persécuteur, de Sauveur et de Victime ; Ces trois rôles sont négatifs.

– le passage de l’un à l’autre dans le temps et l’échange des places entre les joueurs, diagrammé par un double triangle fléché, correspondent au déroulement des jeux psychologiques sur un temps limité et au déroulement du scénario sur une vie entière. Dans cette perspective les renversements de rôle correspondent aux coups de théâtre.

Nous retrouvons la structure et les fonctions du conte avec les passages de la position de dominé à dominant et de dominant à dominé tout au long de l’action. La Victime est en position de dominé. La position dominante est occupée par le Persécuteur (l’agresseur) ou le Sauveur.

En revanche la thèse s’écarte de la tradition des contes telle que je l’ai exposée plus haut du fait du caractère négatif des rôles. Certes, celui de l’agresseur présente comme le Persécuteur des aspects négatifs et les contes sont pleins de personnages agressifs terrifiants comme les ogres et les sorcières, mais le lecteur de contes a du mal à se représenter la Victime comme responsable de son malheur, et le Sauveur comme nuisible.

On peut, en effet, avoir des réticences pour voir dans les marraines-fées des Sauveurs au sens de Karpman. C’est justement leur tâche sociale que de relayer la mère décédée ou absente et de permettre à sa filleule d’accéder au statut d’épouse en l’aidant à rencontrer un futur compagnon. Cendrillon , maintenue comme servante au foyer de son père n’a aucune chance de se marier. Sa marraine l’y aide, lui donnant le moyen de sa liberté telle qu’il se concevait à cette époque. Dans son intention, la marraine est toute bonne.

Pourtant la chose mérite d’être examinée de près du point de vue de l’autonomie de la filleule car l’aide qu’elle lui apporte est magique; elle lui ordonne de revenir du bal avant minuit sans lui dire pourquoi. Elle semble attendre une obéissance totale comme celle qu’on réclame des jeunes enfants au lieu d’inviter Cendrillon à développer son autonomie. C’est un bon exemple de ce qui peut se passer entre enseignants et enseignés.

Les comportements correspondant à ces rôles sont à vrai dire tous en lien avec la responsabilité et l’autonomie. Dans un comportement scénarique, la personne refuse la responsabilité et rejette celle-ci sur autrui ou sur la fatalité. Les rôles de scénario impliquent une position de vie spécifique par rapport à soi-même, aux autres ou au monde :

+ – pour le Persécuteur, + – chez le Sauveur et – + ou – – chez la Victime.
Les comportements d’autonomie manifestent une position de vie ++, faite de confiance éclairée en soi, en l’autre et dans le monde.

Il est donc intéressant d’examiner en quoi le comportement d’une personne peut être perçu comme caractéristique d’un Sauveur, d’un Persécuteur ou d’une Victime et différent de celui qu’aurait une personne autonome en position dominante ou dominée.

Un autre intérêt du modèle proposé par Steve Karpman est dans son aspect interactif : il ne peut y avoir de Victime sans Sauveur ou Persécuteur , de Sauveur ou de Persécuteur sans Victime. A la position – + correspond la position complémentaire + -. La responsabilité de chacun est engagée dans l’interaction particulière du jeu psychologique et des déplacements d’un rôle à l’autre.

Ce modèle a surtout été appliqué aux Jeux Psychologiques, remplaçant la formule “J” pour l’analyse de ceux-ci. Son succès considérable a été accompagné d’un glissement ; en effet l’habitude de mettre un Parent Normatif négatif derrière le Persécuteur , un Parent Nourricier négatif derrière le Sauveur , un Enfant Adapté négatif derrière la Victime a restreint les possibilités d’utilisation du modèle en escamotant la réflexion sur les rôles. En aucun cas, le rôle ne peut être confondu avec l’Etat du moi (6). C’est vrai du rôle psychologique comme du rôle social.

– IV – Applications à la pratique :

Comment utiliser la thèse de Karpman dans le champ social :
La littérature transactionnaliste est riche de descriptions de scénarios de vie de personnes fortement perturbées, qui ont tiré de leurs contes de fées favoris les conclusions défavorables ou qui ne savent pas en utiliser les éléments favorables, mais quand on travaille sur ces sujets dans le domaine de l’éducation ou de la formation, on rencontre surtout des personnes au scénario de vie “banal”(7).

Les contes peuvent être étudiés dans le champ social du point de vue du glissement de l’aide au sauvetage, des directives à la persécution et de la faiblesse à la position de Victime. C’est le sens du travail que je fais dans le champ de l’éducation où je centre la réflexion sur la distinction entre rôle et personne et sur la différence entre contrat lié au rôle social et illusion de toute puissance ou d’impuissance. Ces illusions sont présentes dans des remarques telles que : “Si mon élève n’apprend pas, c’est sûrement que j’ai manqué quelque chose. Un bon prof doit arriver à motiver ses élèves!” ou “Avec des classes surchargées, on passe son temps à faire de la discipline! Que faire avec des gosses qui ne savent même pas lire?”C’est comme si l’on passait de la fée avec sa recette magique à la grenouille sans ressource.

Par ailleurs, sans nier le côté tragique de certains contes, je préfère les regarder comme des trames de scénarios orientés vers l’apprentissage et la croissance, choisissant la perspective de Fanita English quand elle compare le scénario à un tapis qui a sa trame sur laquelle on peut ensuite confectionner son histoire particulière (8). Les messages du conte peuvent être explorés du point du vue de la problématique de la personne et des permissions dont elle a besoin pour avancer.

Le conte et l’apprentissage de la vie :
La leçon du conte est que l’être humain passe aux différents moments de sa vie – et à l’intérieur d’une même journée – par des positions successives où il domine et par d’autres où il est dominé. A l’opposition dominant/dominé qu’il me parait préférable de réserver aux jeux de pouvoir décrits par Claude Steiner (9), je préfère la notion de position haute ou basse qui est dépourvue de connotation négative. Elle vient de Jay Haley (10) collaborateur de Milton Erickson et membre de l’équipe de Grégory Bateson à Palo Alto. Elle a été reprise dans l’ouvrage “Une logique de la communication “(11). Les auteurs distinguent deux niveaux dans un message : celui du contenu du message et celui de la définition de la relation (le processus, pour les analystes transactionnels). Ainsi quand la marraine de Cendrillon lui dit d’aller au bal et de rentrer avant minuit, le contenu du message concerne le bal et l’heure du retour. Au niveau de la définition de la relation, elle prend l’initiative, se place dans la position haute, ici celle du mandateur qui ordonne et invite sa filleule à prendre la position basse qui est la position complémentaire.
Quand une grenouille demande de l’aide au héros, elle se met en position basse et invite le héros à prendre la position complémentaire qui est une position haute afin de tester sa capacité à aider les autres. C’est elle qui définit la relation entre eux deux et choisit sa position. L’autre a la possibilité d’accepter ou de prendre l’initiative d’une autre définition de la relation, par exemple se moquer de la grenouille. Les différents personnages du conte conduisent ainsi le héros à expérimenter position haute et position basse jusqu’à la réussite finale. Les faux héros qui refusent le risque échoueront dans leurs entreprises .
Le conte propose ainsi un modèle d’apprentissage des rôles sociaux positifs. En position haute, deux choix : celui qui guide, ordonne, mandate, met à l’épreuve et celui qui aide, donne, secourt , nourrit , se soucie de l’autre. Ces deux rôles mobilisent les deux aspects fonctionnels de l’état du moi Parent d’une personne, sans pourtant se confondre avec eux. En position basse, on trouve celui qui bénéficie de l’aide ou de la guidance. Il va mobiliser plutôt les états du moi Enfant adapté ou Enfant Libre.

L’apprentissage des rôles sociaux :
Ces rôles, le jeune enfant les apprend à la maison et à l’école. Ces deux lieux d’apprentissage lui permettent d’expérimenter position basse et position haute,

en étant guidé et nourri, mais aussi invité à rendre service et à transmettre ce qu’il sait aux plus jeunes. C’est ce qui fait le drame des enfants handicapés de rester la majeure partie du temps en position basse. Je fais l’hypothèse que la confiance en soi naît de la possibilité d’être placé en position haute et d’être en contact avec la fierté de guider ou d’aider autrui. La pédagogie de Freinet (12) repose sur ce principe.

La position haute n’est donc pas réservée aux rôles de Persécuteur ou de Sauveur et la position basse aux rôles de Victime. Dans la vie comme dans les contes, il y a constamment renversement des rôles , mais ces rôles sont positifs quand ils correspondent à une alternance normale de position dans le relation et sont négatifs quand ils impliquent une méconnaissance ou la fixation d’un type stéréotypé de relation.

Je crois donc utile de distinguer le triangle dramatique où les personnes passent d’un rôle de scénario à l’autre, d’un autre triangle que j’ai imaginé sur le même modèle, celui des “apprentissages sociaux” où les personnes passent successivement d’une position haute à une position basse tout en restant dans l’OKness.

En position haute, deux possiblités de rôles : celle de Mandateur comme dans les contes ou de Guide (les anciens le nommaient “mentor”) et celle de Donateur ou d’Aidant. En position basse, le Bénéficiaire de la guidance ou de l’aide.
Ce triangle pourrait se diagrammer de la manière suivante :

Position haute LE GUIDE ou le MANDATEUR

Position haute : L’AIDANT ou LE DONATEUR

position basse

LE BÉNÉFICIAIRE position basse

Illustration :
Dans la vie quotidienne, une personne adulte est en position haute face à ses enfants jeunes et elle passe dans la position basse quand à un âge avancé elle

devient physiquement dépendante d’eux. Mais elle peut dans certains domaines comme le domaine financier ou intellectuel garder la position haute. Si elle utilise cette position pour soutenir sa famille en l’aidant, elle fonctionne dans le triangle des rôles sociaux. Mais si elle l’utilise pour contrôler sa famille, elle se situe alors dans le rôle de Persécuteur du triangle dramatique. Le comportement choisi n’est pas lié à la position dans la relation mais à la position de vie activée dans la relation.

Dans la vie professionnelle, comme dans la vie de famille, les relations inégales sont fréquentes : mère/enfant, père/enfant, employeur/employé, médecin/patient, enseignant/élèves. Quand les personnes fonctionnent dans la conscience du rôle et la confiance dans leurs capacités et celles de l’autre, il y a synergie. Chacun sait par ailleurs que la position n’est pas fixe, que nous tournons, qu’il s’agit de rôles sociaux : un chef de service, une responsable d’entreprise qui sont en position haute face à leurs employés passent en position basse sur le fauteuil du dentiste ou devant le directeur d’école de leurs enfants (13).

Certains rôles sont complémentaires et égaux comme Prince/Princesse, Père et Mère par rapport à leurs enfants, collaborateurs, partenaires de double au tennis. Dans une société démocratique, ils sont de plus en plus nombreux.
Je soutiens que ces rôles s’apprennent dès la petite enfance grâce à l’expérimentation des différentes positions dans la relation, que ce soit à la maison ou à l’école, d’une manière qui peut être positive.

Conclusion :

Le contenu des contes rend donc compte de la vie biologique et de la vie sociale avec ses hauts et ses bas. Chacun a pris dans l’imaginaire collectif ce qui lui semble en rapport avec ce qu’il a vécu à l’âge de la prise de décision scénarique. Mais cet imaginaire contient aussi son contraire. A chacun de puiser dans ce trésor de quoi aménager le scénario construit avec les représentations que se faisait de sa vie future le jeune enfant encore dépendant des grandes personnes.

Comme les conteurs d’autrefois, les enseignants, les journalistes, les intellectuels et tous ceux qui font un métier de communication, transmettent aux générations suivantes non seulement ce qu’ils savent mais aussi ce qu’ils sont. Ils ont donc intérêt à examiner leur scénario. Ils ont entre autres responsabilités, celle de ne pas désespérer les jeunes et de leur montrer un monde ouvert où chacun peut construire sa vie, à condition de tenir compte de l’expérience et de développer les qualités sociales d’entraide, de persévérance et d’énergie. A ce prix ils seront dignes de ces beaux métiers de transmetteurs de connaissance et de sagesse.

Références :

1-Eric Berne a consacré un chapitre de “Que dites-vous après avoir dit “Bonjour!” à l’analyse et au classement des scénarios influencés par les contes et les mythes : “Petit chaperon rouge”, “Little Miss Muffet”, “Sisyphe” et il consacre le chapitre 13 de “Que dites-vous après avoir dit “Bonjour”? (Tchou 1972 ) au personnage de Cendrillon.

Fanita English décrit l’influence du conte de Rapunzel, du mythe de Scylla et du poème de Tennyson “La Dame de Shalott” inspiré du cycle arthurien sur la construction du scénario de vie d’une de ses clientes, Stella .“Analyse Transactionnelle et émotions” EPI 1992 pp 35 et suivantes.

Dans un article du 18 octobre 1988 dans le TAJ, William F. Cornell propose de réserver le terme “scénario de vie “ aux aspects pathologiques et “Plan de vie psychologique” aux aspects sains et fonctionnels. Les contes sont concernés par les deux aspects.
2-Vladimir Propp : Morphologie du conte 1928 et 1958 pour la traduction anglaise. Le Seuil 3-Bruno Bettelheim : Psychanalyse des contes de fées . Laffont 1976.

4 -Le concept d’”attribution” a été mis au point par Ronald Laing (La politique de la famille – STOCK 1979)- Claude Steiner y consacre les pages 90 à 93 de son ouvrage “Des scénarios et des hommes” EPI 1984)
5 – Steve Karpman : Contes de fées et analyse dramatique du scénario 1968 AAT n° 9 6-Fanita English : Distinguer rôle et état du moi dans “Aventures en Analyse Transactionnelle” EPI 1984

7-Claude Steiner : “Des scénarios et des hommes” EPI 1984. Les chapitres 13 et 14 développent des scénarios “banals” de femmes et d’hommes. Le terme est à opposer à “tragique”.
8-Entendu lors de l’atelier “”Changements et transitions” conduit les 20 et 21 mai 1989 par Fanita English à Paris.

9-Claude Steiner : “L’autre face du pouvoir” D de B 1995
10-Jay Haley : Stratégies of psychotherapy . Grune &Stratton 1963
11-Paul Watzlawick, J. Helmick Beavin, Don D. Jackson : Une logique de la communication 1967. Édition française Le Seuil 1972.
12-Célestin Freinet, pédagogue français (1896-1966) partisan des méthodes actives d’éducation. Lire son ouvrage “Les techniques de l’école moderne” – Armand Colin- Bourrelier 1964.
13-Sur les rôles professionnels pour lesquels Alain Crespelle utilise le terme d “institués” et les transactions auxquelles ils invitent, on tirera profit de la lecture de ses articles : Analyse Transactionnelle et Analyse Institutionnelle. Bulletin d’Analyse Transactionnelle n° 3 Décembre 1977 Paris IFAT et “Le moi, le rôle et la personne : différences et interférences” AAT n° 52 . Sur la distinction entre rôles sociaux, professionnels et contractuels faite par Fanita English, on se reportera à son ouvrage : “Qui suis-je face à toi?” H&G 1987 Chapitre 4

Lectures féministes 3

Comment éduquer les filles est l’une des grandes questions que se posent les féministes depuis des siècles. Chimananda Ngozi Adichie, écrivaine nigérienne, s’adresse dans un de ses ouvrages à une amie d’enfance qui lui a demandé des conseils pour donner une éducation féministe à sa petite fille. Après lui avoir répondu qu’elle n’en avait aucune idée, elle lui a fait quinze suggestions. Je les trouve toutes très stimulantes. Celle que je vais vous soumettre c’est la quinzième, une de mes préférées.

« Eduque-la à la différence. Fais de la différence une chose ordinaire. Fais de la différence une chose normale. Apprends lui à ne pas attacher d’importance à la différence. Et il ne s’agit pas là de se montrer juste ou même gentille, mais simplement d’être humaine et pragmatique. Parce que la réalité de notre monde, c’est la différence. Et en l’éduquant à la différence, tu lui donnes les moyens de survivre dans un monde de diversité.

Elle doit savoir et comprendre que dans le monde les gens suivent des chemins différents, et que tant que ces chemins ne nuisent pas aux autres, ce sont des chemins valables qu’elle doit respecter

Apprends lui à ne jamais généraliser ses propres principes ou expériences. Apprends lui que ses principes ne s’appliquent qu’à elle seule, et pas aux autres….  Avoir conscience que la différence est normale ».

Qu’en pensez-vous ?

Nos besoins ne comptent pas pour rien!

Nous avons tous intérêt à connaître nos besoins fondamentaux : besoins de stimulations, de structure et de signes de reconnaissance ou de position, selon l’analyse transactionnelle. Les besoins de stimulations changent selon notre âge, notre état de santé, la période de l’année. Ainsi un enfant rêveur a-t-il besoin de moments de tranquillité, de silence, de retrait. Un autre a besoin de se dépenser davantage ; il travaille sur fond musical et le silence lui est insupportable. En vieillissant, on peut préférer le calme et la tranquillité, mais pas toujours. Connaître ses sources de stimulations préférées et être attentif à celles de son entourage  est un gage de vie harmonieuse.

L’analyse transactionnelle classe les signes de reconnaissance entre signes positifs ou négatifs, chacun  parlant de la personne ou du comportement. Ils nous sont apportés par les contacts de la vie sociale : famille, travail et loisirs. Les signes de reconnaissance les plus recherchés sont  les positifs. On aime se sentir vu, apprécié pour ce qu’on est ou ce qu’on fait. Mais il est bon pourtant d’être averti par les autres de ce qui ne va pas dans notre manière d’être ou de nous comporter.

Posez-vous la question  « Si j’était une petite souris écoutant mes amis parlant de moi, qu’aimerais-je entendre dire ? Qu’est ce que je détesterais entendre dire de moi ? Et si c’était des gens que je n’aime pas beaucoup, qu’est-ce que j’aimerais entendre dire de moi et qu’est ce que je détesterais entendre dire ? »

Dans le cas où vous êtes un homme, supposons que vos amis disent :

– Il est intelligent, mais un peu arrogant parfois.

– C’est un bosseur qui connaît ses dossiers.

– Il a du charme. Il est très séduisant !

– Ses plaisanteries sont parfois douteuses.

Si vous êtes une femme mettez la phrase au féminin. Est-ce pareil ?

Supposons que des personnes que vous détestez peut-être disent la même chose, quelle serait votre réaction ?

Nous attendons de nos amis qu’ils nous trouvent pleins de qualités et qu’ils excusent nos travers, qu’ils nous disent ce qu’ils aiment en nous et taisent nos défauts, car il n’est pas agréable de s’entendre dire qu’on est arrogant ou qu’on fait des plaisanteries douteuses. Pourtant cela pourrait nous rendre service de savoir quel effet nous faisons aux autres.

Comment obtenir des signes de reconnaissance ? On augmente ses chances en en donnant. Ceux qui en donnent volontiers et qui acceptent ceux qu’on leur donne sont considérés comme ouverts, aimables et conviviaux. Leurs relations sont plus faciles. On peut aussi en demander, mais si on n’en donne guère, l’issue est incertaine. Dans les familles la gestion des signes de reconnaissance est généralement répétitive : ce sont souvent les mêmes qui donnent et les mêmes qui reçoivent. C’est intéressant d’identifier comment le système fonctionne, quel type de signe de reconnaissance on donne et quel type on reçoit. Si les différences font problème, en parler.

Que faire ? Que dire ? quand on a du mal à donner des signes de reconnaissance ?

Il ne s’agit pas seulement de faire des compliments ou des critiques, mais de marquer son attention :

– Demander à l’autre son avis, son opinion ou un conseil.

– Prendre le temps de s‘intéresser à ce qu’il fait, à ce qu’il aime.

– Faire en sorte qu’il sente qu’il existe pour vous et qu’il est important.

Mais il le sait, me direz-vous. Peut-être ou peut-être pas, mais c’est de toute façon mieux quand c’est dit.

Le besoin de structure peut concerner l’espace, la relation ou le temps.  Certains aiment un espace dépouillé, presque vide, d’autres l’encombrent, l’emplissent. A l’un les vastes espaces, à l’autre les lieux confinés, populeux, vivants, les villes pleines de bruit. Certains gardent avec autrui une distance minimum, d’autres se tiennent tout près de leur interlocuteur.

Dans la relation, nous avons besoin de savoir qui fait quoi, quel est le rôle de chacun, quelle est sa responsabilité. C’est en rapport avec le besoin de position.

Les six manières d’occuper le temps sont toutes indispensables, mais leur répartition change aussi avec l’âge, l’époque et les moments forts de la vie. Berne les a classées en fonction des signes de reconnaissance qu’ils nous apportent.

  • Le retrait ne nous en apporte guère, sauf ceux que nous nous donnons ;
  • les rituels sont le minimum vital de contact avec autrui en société : certaines personnes isolées n’ont plus personne à qui parler ; elles doivent se contenter d’un mot gentil du commerçant ou du salut du gardien d’immeuble ;
  • le passe-temps occupe davantage, mais évite tout ce qui est important et impliquant : la pluie et le beau tems, la vie qui renchérit, les professionnels qui font leur travail de plus en plus mal, les soucis apportés par les enfants, tous ces bavardages parentaux sont autant de passe-temps.
  • L’activité est une très grande source de signes de reconnaissance positifs et négatifs, portant sur la personne ou le comportement ;
  • Les jeux psychologiques encore plus ;
  • L’intimité est la manière d’occuper son temps qui apporte les signes de reconnaissance les plus intenses. Mais les déceptions du passé nous en limitent l’accès, lorsqu’on dit par exemple : Je ne veux plus aimer car je ne veux plus souffrir

Ces six manières ont chacune leur place dans la vie des groupes. On n’entre pas dans l’activité sans franchir d’abord les étapes du retrait, du rituel et d’un peu de passe-temps. S’il se prolonge, c’est pour éviter l’activité. Les bavardages en classe ou dans les réunions correspondent au passe-temps. Le responsable du groupe veille à les réduire, mais il peut aussi les organiser : si les stagiaires travaillent en très petit groupe, leurs échanges ont des chances de comporter plus d’activité que de passe-temps. Les jeux psychologiques qui se manifestent par des disputes et des éclats servent aussi à éviter l’activité : l’énergie est mobilisée par les processus relationnels dommageables à la place de l’activité. Les jeux servent aussi à éviter l’intimité. Elle est plus rare dans les lieux de  travail, mais les groupes qui marchent bien savent ménager des moments d’émotion qui relèvent de l’intimité et font le charme de la vie de groupe.

Chaque manière a son utilité : le retrait permet la réflexion, le repos : on reste centré sur ses pensées, ses sentiments, son ressenti corporel. Les rituels nous mettent en contact de manière sommaire avec notre entourage social. Le passse-temps , occasion de parler de tout et de rien accorde plus de temps à la relation que le rituel qui est souvent non-verbal. Lors des passe-temps on tâte le terrain : jusqu’où peut-on aller plus loin dans la relation ? L’activité est importante : nous sommes en relation avec nos collègues, nos partenaires de vie ; des tâches nous relient ; que faire alors à la retraite ? Les jeux psychologiques sont autant de moyens de maintenir des relations intenses, même sitout cela se termine mal. Au moins nous nous sentons vivants ! Quant à l’intimité c’est une manière de vivre la relation sur un mode tranquille ou intense en sécurité.

Que se passe-t-il en cas de « burn out » ?

Sous l’effet du stress, le temps vécu se désorganise. Les moments de retrait qui favorisent d’habitude le ressourcement sont envahis par les préoccupations qui sont en rapport avec l’activité et les jeux psychologiques. Les tensions qui vont avec ne trouvent plus de moment pour être apaisées. La personne pense à son travail ou aux relations de travail éprouvantes et ne parvient plus à dormir et à stopper le bouillonnement de son esprit. Les jeux s’auto-alimentent. L’activité cérébrale tourne à vide, ce qui conduit à l’épuisement. Le corps est oublié ; les bonnes sensations corporelles ne sont plus accessibles. Les remèdes de la méditation, de la contemplation de la beauté deviennent hors de portée car l’esprit est envahi par les obsessions.

Que faire ? Se recentrer sur son corps : respiration, massages, méditation ; retrouver la capacité de faire le vide dans son esprit. Se reconditionner en se formulant des messages positifs comme de se féliciter d’avoir réussi telle chose dans la journée, d’avoir apprécié la beauté de telle fleur, de tel paysage, de tel geste. Se réapproprier les fonctions de ressourcement du retrait. Relancer les rituels et les passe-temps en les regardant comme tels : des contacts stéréotypés avec les autres liés à nos besoins d’êtres humains socialisés. Penser à ce que vous êtes en train de faire. Regarder les gens, les voir !

Enfin, si vous vous occupez bien de satisfaire vos besoins, pensez aussi à ceux des autres !

Toni Morrison et « les demi-sœurs de Cendrillon »[1],

 Toni  Morrison dans ce discours aux étudiantes de la faculté Barnard à New York en 1979 aborde le risque et la tentation d’asservissement de femmes par d’autres femmes dans un monde où les femmes quel que soit leur milieu d’origine pourront accéder au pouvoir. C’est un problème contemporain. Lorsqu’il était dirigé contre d’autres femmes,explique-t-elle, le pouvoir féminin s’est historiquement exercé d’une façon que l’on a qualifiée de « masculine ». Les étudiantes de Barnard seront bientôt en mesure de l’exercer de même.

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