Blanche Neige ou le triomphe de la beauté

La compétition pour la beauté est-elle toujours d’actualité?

Les contes de fées fournissent aux enfants des réponses aux problèmes qu’ils doivent affronter et qui sont les mêmes depuis le début de l’humanité. La lecture du conte de Blanche Neige a inspiré cette réflexion sur la beauté, source d’avantages ou de danger pour des enfants, objet de soins particuliers pour les femmes et peut-être aussi pour les hommes .

Les contes qui sont très souvent lus aux enfants par leurs parents au moment du coucher sont nos tout premiers récits. Ils racontent ce qui peut arriver à un enfant lorsqu’il grandit et l’aident à développer son imaginaire et à structurer son avenir. Ils lui apprennent la vie, les émotions, les dangers, mais ils finissent bien. Ils nous servent ainsi de modèle dans la construction de notre scénario de vie et dans les réécritures successives que nous faisons ensuite du récit de notre vie, au fur et à mesure de notre développement.

Pour aborder le conte de Blanche-Neige, j’ai choisi la première version, celle des frères Grimm, la plus forte et la plus poétique. Les versions postérieures, textes ou films sont souvent édulcorées : le dessin animé proposé par Disney pour Blanche neige est expurgé des détails les plus forts (le jeune âge de Blanche Neige par exemple) et orienté vers l’aventure sentimentale (quand Blanche Neige balaie la demeure des nains, elle chante « Un jour, mon prince viendra ! ») La transposition de cette histoire au cinéma, avec les déformations inévitables dues aux modes et à l’évolution des mœurs, contribue à l’enraciner dans la mémoire des enfants et des adultes.

Les trois approches des contes traditionnels :

Ce sont celle de la psychanalyse, l’approche narrative du spécialiste des contes russes Vladimir Propp et l’approche scénarique des analystes transactionnels.

Bruno Bettelheim dans son ouvrage « Psychanalyse des contes de fées » explique que les contes aident l’enfant à se comprendre et à trouver des solutions aux problèmes qui le préoccupent, mais qu’il ne faut jamais donner aux enfants leurs significations ni faire de leur lecture une expérience didactique.

Ainsi le conte de Blanche Neige parle-t-il des difficultés pubertaires de l’enfant de sexe féminin, de la position de l’enfant à l’intérieur de la famille et de la rivalité mère/fille. Il s’adresse directement à l’inconscient des enfants.

Vladimir Propp, spécialiste des contes russes en a analysé la construction et dégagé des éléments répétitifs que l’on retrouve dans les récits que nous lisons et par extension dans les séries de la télévision et les films. Il met en évidence les éléments permanents d’un récit que les enseignants sont tentés d’utiliser pour faire parler et réfléchir les enfants.

 Quand arrive en maternelle la séquence de « l’heure du conte » et que l’enseignant lit un conte aux enfants qui sont assis tout autour de lui, il leur montre les illustrations du livre, mais il les fait aussi parler sur les personnages et réfléchir sur les situations. C’est un moment de langage (passage d’un niveau de langue à un autre, du code écrit au code oral, intégration du sens des termes employés, compréhension des situations), mais aussi un moment de verbalisation des émotions : les enfants apprennent à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent et entendent les autres exprimer aussi ce qu’ils ressentent.

Une grande part peut aussi être faite à la réflexion et à l’intégration des normes sociales : valorisation de la persévérance, du courage, méfiance des méchants.

Les analystes transactionnels, Eric Berne le premier, se sont intéressés aux mythes grecs et aux contes. Mais alors que les mythes grecs fournissaient les modèles de plans de vie mis en relation avec le temps et qui finissent tragiquement  ( Jamais renvoie au mythe de Tantale ; Toujours à la punition d’Arachné transformée en araignée ; Tant que aux travaux d ‘Hercule ; Après à Damoclès ; Presque à Sisyphe qui réussit presque à atteindre le sommet de la montagne), les contes traditionnels, comme « Le Petit Chaperon rouge » ou « Cendrillon » apparaissent comme des modèles pour des scénarios de vie courants. Ils aident le jeune enfant à répondre à la question : « Qu’est-ce qui arrive aux enfants quand ils deviennent grands ? ». Ils sont du côté des hommes et des femmes alors que les mythes grecs sont du côté des dieux dont ils montrent le triomphe sur les hommes.

L’analyse du conte préféré du client a conduit Stephen Karpman aux concepts de « triangle dramatique » et de « rôles de scénario » : Persécuteur, Sauveur et Victime, à partir de l’analyse du « Petit Chaperon Rouge ». Les coups de théâtre correspondent aux rebondissements de l’histoire. Fanita English à l’inverse voit dans les contes que l’on raconte aux enfants une ressource : ils satisfont notre « soif de structure » et « aident au développement, de l’enfance à la vieillesse ». Elle souligne que « les histoires qui ont influencé nos scénarios donnent souvent des modèles de courage, de persévérance, d’entraide ainsi que d’espérance dans l’avenir ».

Quand nous avions donc l’âge des petits de maternelle, les contes lus à haute voix par nos parents ou par nos maîtres, nous ont donné de la matière pour imaginer des scénarios de vie possibles. En effet, les récits des contes concernent la vie. Les héros sont des personnes en position de faiblesse qui affrontent un destin où les périls et les réussites se succèdent. Les héros sont parfois des animaux qui sont plus sages que les humains. Ces récits contiennent beaucoup de leçons importantes.

Ils apprennent aux enfants comment surmonter les dangers dans une perspective de survie. Ils leur font découvrir le monde des sentiments. Ils font la promesse de la réussite car ils finissent bien et sont optimistes ; les héros sont en apprentissage de la vie ; ils font des erreurs, mais s’en sortent. Ils parlent de la famille de l’enfant, lieu de sécurité ou de danger et de celle qu’ils vont construire plus tard et comment ils y arriveront. Ils évoquent le travail, les efforts la réussite sociale et affective. Ils parlent aussi aux adultes qui ont gardé en eux le souvenir de leurs idées d’enfant (que l’AT appelle l’état du moi Enfant). Leurs leçons sont implicites. Chacun comprend ce qu’il peut, si bien que les adultes y trouvent aussi permissions et mises en garde.

Dans cette présentation du conte de « Blanche Neige », j’aborderai les leçons de vie données aux enfants, explicites ou cachées ainsi que la grille de lecture pour adultes que j’y vois concernant notre monde d’aujourd’hui, deux cents ans après sa transcription.

« Blanche Neige » est un conte pour les filles, mais il peut aussi concerner les garçons. Il concerne la rivalité féminine et le rôle de la beauté dans la compétition pour l’amour et le pouvoir. Le conte de Blanche-Neige est traversé par le thème de la beauté, étroitement lié à celui du temps. C’est aussi un récit d’apprentissage qui indique aux enfants de façon détournée quel est le chemin de la famille d’origine à la famille que l’on va fonder et comment on passe de l’enfance à l’âge adulte. Le thème de la famille est relié à celui du temps. Le trajet de vie de l’héroïne est difficile même si le conte finit bien comme tous les contes.

De quoi parle le conte?

  • De la beauté, de la féminité et du temps
  • Des émotions, des sentiments et de leurs manifestations physiques
  • De la vie qui attend les enfants : dangers et chances, du passage de la famille d’origine à la famille créée.
  • De la vie des femmes : comment elles grandissent, obtiennent l’amour et fondent une famille.
  • Du pouvoir, de la prédation
  • Des valeurs sociales,
  • Des valeurs personnelles
  • Des ressources et des aides dont disposent les personnages : objets magiques (miroir et cercueil de verre ; charmes et poisons)

1 – L’histoire d’une fillette d’une beauté insurpassable

La beauté, rêve de perfection, de bonheur et rêve de pouvoir :

Comment se construisent nos représentations de la beauté, de son rôle, de son pouvoir sur nous et de celui qu’il nous confère sur les autres ? Pour le comprendre nous nous reporterons aux histoires qu’on nous a lues dans notre enfance. Blanche–Neige est le conte qui en parle le mieux. Il contient tous les éléments qui nous permettent de comprendre le rêve de la beauté, les sentiments qu’elle inspire et nos efforts pour l’atteindre et parfois la détruire, car la beauté est source d’ambivalence.

Que ressentons-nous face à la beauté ? De la fascination, de l’admiration, une joie profonde. Nous sommes comblés, heureux. Le spectacle de la beauté en effet rend heureux. Elle participe du divin : beauté des déesses dans la mythologie, des vierges peintes dans les églises. Elle est toujours exceptionnelle.

La nature est la première source de beauté :

La première source de beauté est dans le spectacle de la nature. Le conte de Blanche-Neige démarre avec le rêve d’une reine devant un paysage de neige décrit comme un tableau avec ses trois couleurs : le blanc de la neige, le rouge vermeil des trois gouttes de sang tombées sur la neige quand la reine s’est piqué le doigt en cousant et le noir d’ébène du cadre de la fenêtre. « C’était si beau ce rouge sur la neige qu’en le voyant la reine songea : Oh, si je pouvais avoir un enfant aussi blanc que la neige, aussi vermeil que le sang et aussi noir de cheveux que l’ébène de cette fenêtre ! ». Le paysage est décrit comme un tableau. La beauté est objet de désir. On souhaite se l’approprier, d’où le vœu de la reine.

Comme c’est souvent le cas dans les contes, le vœu se réalise, mais sa réalisation a des conséquences néfastes qu’on n’attendait pas : la reine eut peu après une petite fille, mais elle mourut en la mettant au monde. On l’appela Blanche-Neige. Les rêves peuvent se réaliser. Le malheur peut survenir.

La beauté des femmes et le risque de compétition :

« Après un an, le roi épousa une femme très belle ». La beauté est un critère important dans le choix d’une épouse, surtout celle d’un roi. Etre belle favorise une union prestigieuse. Cette règle de distinction sociale, les enfants la vivent à leur manière par les préférences qui se manifestent au sein de leur famille et à l’école, où le plus beau est le chouchou, la plus belle la chouchoute.

Cette femme ne se contente pas d’être très belle. Elle veut être la plus belle : « elle était si fière et si orgueilleuse de sa beauté qu’elle ne supportait pas l’idée d’être surpassée ». Le conte introduit ici la compétition entre les femmes pour la beauté.

Mais comment être sûre quand on est la reine que les compliments sont sincères ? La reine a un atout, un objet magique, son miroir, qu’elle interroge, qui lui répond et ne ment pas. Elle est rassurée quand il lui dit : « Vous êtes la plus belle du pays, Madame ! ».

Ce passage évoque le contentement que donne à la reine la contemplation de sa beauté, source d’orgueil et source de pouvoir. Ce n’est pas la vue de la beauté qui comble son cœur, mais la certitude de sa supériorité. En même temps elle a peur de la réponse ; elle est rongée par le doute : et si elle cessait d’être la plus belle ? C’est le poison induit par la compétition. Elle ne peut être heureuse que dans les moments où le miroir a confirmé qu’elle était la plus belle. La source de son assurance n’est pas en elle-même mais en lui.

Combien de temps donnera-t-il cette réponse ? Un miroir honnête signale les marques du temps à qui accepte de les voir. La reine a-t-elle vraiment besoin que le miroir lui parle ? Si elle était lucide, elle verrait bien apparaître sur son visage les marques du temps.

La menace des femmes plus jeunes :

Le conte précise le moment où Blanche-Neige devient une rivale pour la reine. Six ans ont passé ; Blanche-Neige n’est encore qu’une enfant : « Quand Blanche-Neige eut 7 ans, elle était belle comme le jour et bien plus belle que la reine elle-même ». C’est ce que le miroir révèle à la reine quand elle l’interroge.

Pour nous, une fillette de 7 ans ne devrait pas pouvoir être une rivale pour une femme faite. Mais qu’en savons-nous, après tout ? En tous cas l’étonnement, la jalousie, le cœur qui chavire sous l’effet de la haine, tels sont les sentiments ressentis par la reine. Elle est obsédée ; « l’orgueil poussa dans son cœur avec la jalousie, comme pousse la mauvaise herbe, ne lui laissant aucun repos ni de jour, ni de nuit ». Pour « ne plus la voir devant ses yeux », elle ordonne au chasseur de l’emmener dans la forêt et de la tuer.

On notera que la reine a besoin d’entendre le verdict de son miroir pour prendre conscience de la beauté de la fillette qu’elle avait pourtant sous les yeux. Son assurance l’aveuglait. L’orgueil blessé est comparé à une mauvaise herbe qui envahit tout. La jalousie, qui est à la fois envie de ce que possède l’autre et peur de perdre ce qu’on a (ici la première place), entraine la haine et la haine donne envie de tuer. Blanche-Neige est mise en danger par sa beauté même alors qu’elle n’est qu’une enfant. Les enfants, instruits par les contes, savent bien qu’être remarquable n’est pas forcément une bonne chose pour eux. Sujets d’admiration, ils deviennent facilement des proies. La reine a pourtant tous les moyens de mettre en valeur sa beauté et de la renforcer : robes, parures, soins. Toutefois, dans le conte, ce n’est pas elle qui l’emporte, mais c’est Blanche-Neige. Nous y reviendrons avec les messages implicites du conte.

Quel est le pouvoir de la reine en tant que reine ?

L’idée du conte est qu’une personne en compétition absolue et qui a du pouvoir peut utiliser ce pouvoir pour éliminer physiquement ses rivaux et que la jalousie peut la pousser au meurtre. Revenons à ce que perd la reine en étant surpassée. Elle a été choisie parce qu’elle était très belle. Mais le vrai pouvoir appartient au roi. Une femme peut en obtenir une partie en devenant reine. En quoi consiste-t-il ? D’après le conte, il lui permet d’éliminer ceux qui la dérangent, même si la victime est la fille du roi. Quand elle ordonne, elle est obéie, ce qui pour un enfant est la définition même du pouvoir. Ce qu’on ignore au début du conte est qu’elle possède d’autres pouvoirs en dehors de faire parler son miroir : celui de créer des charmes qui inspirent le désir et de fabriquer des poisons mortels. Cette reine se double d’une sorcière dangereuse. Le danger pour l’héroïne est donc d’abord dans le foyer qu’elle doit fuir.

La suite du conte est le récit d’une fuite et de la recherche d’une cache pour échapper à la mort, puis pour grandir et devenir une femme sans avoir à compter sur sa famille d’origine. La beauté de l’héroïne devient alors un atout en la faisant à terme aimer d’un prince.

Que font les hommes ?

Le roi, père de Blanche-Neige, est un père absent. Il n’apparaît que lorsqu’il épouse une femme très belle et orgueilleuse, un an après son veuvage. Il n’apparaît plus ensuite.

Le chasseur reçoit de la reine la mission d’emmener Blanche-Neige au loin dans la forêt, de la tuer et de rapporter « son foie et ses poumons en témoignage ». La fillette l’attendrit avec ses pleurs et lui promet de fuir et de ne plus reparaitre. « Elle était si belle que le chasseur s’apitoya et lui dit : Sauve-toi, ma pauvre petite ». Il ressent de la pitié et surtout du soulagement de ne pas avoir à la tuer de sa propre main, car il est sûr que « les bêtes sauvages auront tôt fait de la dévorer ». C’est donc un tueur qui se donne bonne conscience en confiant aux bêtes sauvages le soin d’éliminer la fillette. Il s’apitoie devant sa beauté, pas devant sa situation ou son jeune âge. La beauté a le pouvoir d’attendrir les cœurs, mais seulement jusqu’à un certain point. Il trompe la reine en lui faisant cuisiner le foie et les poumons d’un marcassin qu’elle mange ensuite avec satisfaction.

Un peu plus loin dans le conte, Blanche-Neige rencontrera les sept nains, hommes en réduction, qui la secourront et enfin le prince, mais nous y reviendrons.

La fuite dans la forêt :

La vaste forêt symbolise pour les enfants le monde extérieur à la maison et ses dangers. Ils craignent qu’on les y laisse tout seuls et qu’on les abandonne dans un monde inconnu. Pour Blanche-Neige le danger est dans la maison (le château de la reine), mais il est aussi dans la forêt. Elle a peur, « elle regarde pour ainsi dire derrière chaque feuille et chaque arbre ». Elle court, s’écorche « aux épines et sur les pierres pointues ». Les bêtes sauvages viennent la frôler, mais ne lui font point de mal. Les animaux ne sont pas hostiles comme les humains. Le conte s’attendrit : « Tant que ses petits pieds voulurent bien la porter, elle courut ainsi droit devant elle ». L’enfant se sait vulnérable mais elle est courageuse.

Le refuge dans la maison des 7 nains :

C’est une maison en miniature, adaptée à une enfant. Tout y est petit, propre, charmant bien rangé. La répétition de « petit » devant chaque détail suscite une impression d’ordre et de sécurité qui plaît aux enfants : la petite table avec sa nappe blanche ; les petites assiettes, petits gobelets, les petits couverts ; les petits lits avec leurs draps blancs et frais. Blanche-Neige a soif et faim ; elle est fatiguée, mais elle s’adapte à ce monde en miniature : elle mange un petit peu de chaque petite assiette, boit une petite goutte de vin dans chaque petit gobelet, mange une petite bouchée de chaque petit pain, puis essaie les lits et s’endort dans celui qui est à sa taille. Elle est bien élevée et agit spontanément de manière à se faire accepter. C’est une leçon pour les enfants qui ont tant de mal à contrôler leurs envies.

Les 7 nains découvrent son passage selon les mêmes termes : ils demandent

  • Mais qui s’est assis sur ma petite chaise ?
  • Qui a mangé dans ma petite assiette ?
  • Qui a pris un morceau de mon petit pain ?
  • Qui m’a pris un peu de ma petite potée ?
  • Qui a sali ma petite fourchette
  • Qui s’est servi de mon petit couteau ?
  • Qui a bu dans mon petit gobelet ?

Ils découvrent ensuite leurs lits et Blanche Neige endormie. Quelle belle enfant, quelle est mignonne, quelle est jolie ! Ils ressentent une telle joie qu’ils la laissent dormir. Celui dont le lit était pris par Blanche-Neige dort une heure avec chacun de ses compagnons. Ce détail plaît sûrement aux enfants. Personne n’a pâti de l’arrivée de Blanche-Neige. La répartition entre tous a été juste.

Au matin, Blanche-Neige et les nains font connaissance ; elle dit qui elle est, raconte ses malheurs et ces derniers lui proposent de tenir leur maison ; ils la garderont en échange et elle ne manquera de rien. Elle donne son accord et obtient le gîte, le couvert et la sécurité en échange de son travail. Pendant la journée les nains sont absents car travaillent : ils sont mineurs et quand ils rentrent le soir, tout est prêt pour eux. BN est seule toute la journée, c’est pourquoi ils la mettent en garde contre sa belle-mère et l’avertissent de ne laisser entrer personne. Ils jouent donc un rôle non seulement nourricier, mais aussi protecteur à l’égard de la fillette.

La mise à l’épreuve :

Au bout de combien de temps Blanche-Neige est-elle mise à l’épreuve? Assez vite car la reine est anxieuse d’apprendre de son miroir que la rivale a bien été écartée. Les avertissements des nains qui mettent en garde la fillette contre la reine ne seront pas entendus. Ce sont les difficultés de l’éducation ! Blanche-Neige est innocente et ignorante. Elle se fie aux apparences. Les parents pour le jeune enfant sont des rois et des reines. Ils assument une fonction nourricière et protectrice, mais ne sont pas crus. Le conte parle des difficultés de l’éducation et de l’impossibilité de préparer les enfants vivant dans un milieu fermé aux dangers du monde extérieur. La prise de risque est inévitable.

La reine qui a découvert que Blanche-Neige est toujours en vie et le lieu où elle s’est réfugiée décide de la supprimer elle-même, car « la jalousie la dévorait et ne la laissait pas en repos ». Elle se déguise donc en vieille colporteuse, arrive à la maison des nains où elle propose sa marchandise. Elle mise sur la coquetterie des filles et arrive à vendre à Blanche-Neige un beau lacet tressé de soies multicolores avec lequel elle lui serre la taille au point de l’étouffer et de la laisser morte.

Et voilà pour la plus belle !, ricane la vieille qui sort précipitamment.

Les nains étant arrivés à temps pour sauver la petite, la reine fabrique un peigne empoisonné, si beau que la petite ne pourra résister. Elle se déguise nouveau en vieille colporteuse, mais change d’aspect pour n’être pas reconnue. Elle lui propose un peigne empoisonné. La fillette oublie les conseils des nains et laisse la sorcière la peigner. Elle tombe alors sans connaissance.

« Voilà pour toi, merveille de beauté ! », ricane la sorcière qui s’éloigne vite.

Les nains la sauvent à nouveau. La troisième fois la sorcière est prête à prendre plus de des risques, quitte à mourir : elle fabrique une pomme empoisonnée sur une moitié et sous l’accoutrement d’une paysanne, réussit à convaincre Blanche-Neige d’y goûter après avoir elle-même mordu dans la partie saine. Cette fois Blanche-Neige est perdue.

Les nains ne pourront rien pour elle.

Une mort qui n’en est pas une

Ils durent se rendre à l’évidence : Blanche-Neige était morte : « morte elle était, la chère petite, et morte elle resta. » Ils la pleurèrent pendant trois jours et pensèrent alors à l’enterrer, « mais elle était encore aussi fraiche que si elle eût été vivante et elle avait toujours ses couleurs et ses belles joues rouges ». Ils ne se résolurent pas à l’enterrer dans la terre noire et lui firent faire un cercueil de verre « afin qu’on pût la voir de tous les côtés ». Ils firent graver son nom et son titre de princesse, l’y couchèrent et « la portèrent au sommet de la montagne où ils la veillèrent tour à tour ». Les bêtes venaient aussi : chouette, corbeau puis colombe et pleuraient Blanche-Neige.

Le temps passa. Beaucoup de temps, mais Blanche-Neige ne changeait pas : elle avait l’air de dormir.

Le réveil, la rencontre avec le Prince, les noces et le châtiment de la reine

Un prince qui s’était égaré dans la forêt en chassant passa une nuit dans la maison des nains et vit Blanche-Neige dans son cercueil de verre. Il tomba en admiration et obtint des nains qu’il puisse l’emporter. Son argument est intéressant : « Je ne peux pas vivre sans admirer Blanche-Neige et je la traiterai et la vénérerai comme ma bien-aimée, comme ce que j’ai de plus cher au monde ! ». Il emporta donc le cercueil de verre et ses serviteurs, ayant trébuché sur une racine en la portant, le morceau de pomme qui était resté dans le gosier de Blanche-Neige sortit, la libérant. Elle souleva le couvercle ayant retrouvé la vie, se demandant où elle était. Réponse du Prince : « Tu es près de moi ! ». Il lui raconta ce qui s’était passé et l’invita à l’épouser. Elle s’éprit alors de lui et l’accompagna.

La réponse du prince est charmante. A part le passage dans la maison des nains, Blanche-Neige ne connaît que la solitude. Voilà quelqu’un de jeune et d’aspect agréable qui est là pour elle. C’est une promesse d’intimité, de sécurité et de joie.

Les noces furent l’occasion de grandes fêtes auxquelles la méchante reine ne put s’empêcher de venir et où elle reçut un terrible châtiment : elle fut condamnée à chausser des brodequins rougis au feu et à danser jusqu’à ce que mort s’ensuive.

2 – Les leçons du conte aux enfants, explicites et cachées

De la vie qui attend les enfants : l’aspiration à la sécurité.

La maison de leurs parents est pour les enfants un lieu de sécurité par principe. Le monde extérieur est vécu comme dangereux. Il est symbolisé par la forêt et ses bêtes sauvages. Les risques physiques sont nombreux : ils peuvent se perdre, être renversés par les voitures, blessés, tués, enlevés. Comment concilier les mises en garde et les messages de confiance en l’avenir ? C’est la difficulté que rencontrent les nains : les enfants ne font pas la différence entre bonne mine et véritable gentillesse. Ils croient les apparences et ce qu’on leur dit. Blanche-Neige voit une vieille femme inoffensive dans la paysanne et la colporteuse. Les enfants ne voient pas le mal et ne sauraient d’ailleurs se défendre contre lui à cause du rapport de faiblesse entre eux et les adultes.

Au cours de leur enfance il leur faut apprendre à réfléchir, à vérifier quand c’est possible ce qu’on leur a dit, à demander de l’aide à des personnes fiables. Les éducateurs qui luttent contre les pédophiles se trouvent devant cette difficulté.

La situation est pire quand le danger est dans la maison : risque de recevoir des coups et d’être tué(e), risque d’inceste. C’est là que les enfants doués d’une grande beauté sont le plus en danger. Objets de désir ils deviennent des proies et ne sont pas défendus par les autres membres de la famille qui les jalousent. Les passions s’exacerbent autour d’eux et ils en sont les premières victimes.

Le conte dit aux enfants que la beauté à laquelle tout le monde accorde la plus grande valeur car elle est un moyen puissant d’ascension sociale dans une société traditionnelle peut n’être pas enviable, qu’elle alimente la compétition, entraine une vie difficile, la solitude, que ce sont d’autres qualités qui provoquent l’affection.

Les valeurs sociales : le travail, l’amour, l’entraide :

En arrivant chez les nains Blanche-Neige prend soin de manger un petit peu dans chaque assiette et de boire une gorgée seulement dans chaque gobelet. Elle a le souci de ne fâcher personne.

Elle accepte de travailler pour les 7 nains et tient leur ménage. Sa mère elle-même quand elle rêvait à sa fenêtre avait en mains un ouvrage : elle cousait.

Elle s’adapte à la situation et aux personnes, montrant des qualités de sociabilité très grandes malgré son jeune âge. Elle appelle la colporteuse « ma bonne dame ! », se dit « cette brave femme, je peux la laisser entrer ». C’est une enfant touchante qui ne résiste pas à la tentation d’un beau lacet, d’un beau peigne, d’une pomme appétissante. Il faut dire aussi que le charme utilisé par la sorcière était puissant. On pense aux promesses de la publicité aujourd’hui qui agissent de la même façon en faisant croire aux naïfs que leurs rêves se réaliseront.

Les nains secourent Blanche-Neige, mais pas sans contrepartie. Une sorte de contrat les lie : échange nourriture et sécurité contre le travail ménager. Ils travaillent dur dans les mines de la montagne d’où ils extraient les minéraux précieux. Ils pratiquent l’entraide.

Quand le prince arrive, il demande aux nains d’emporter Blanche-Neige avec lui. Il doit les convaincre avec de bons arguments : il n’est pas question pour lui ni pour eux qu’il achète le cercueil de verre, mais il promet de la traiter et de la vénérer comme sa bien-aimée, car il ne peut pas vivre sans l’admirer.

Les émotions, des sentiments et de leurs manifestations physiques

Le conte initie les enfants au domaine des sentiments, ce qui les prépare à leur future vie. Ils ressentent tour à tour au long du récit l’émerveillement de la bonne reine devant la beauté du monde, la joie de la réalisation de son vœu, le chagrin de sa disparition qui fait de Blanche-Neige une orpheline, l’effroi devant la jalousie de la marâtre, la peur d’être tuée et même la terreur quand elle est dans la forêt, la joie d’être à l’abri chez les nains, le plaisir, l’amour.

Ils peuvent aussi ressentir par identification les sentiments ignorés ou interdits dans la famille. Ils entendent les manifestations physiques ou psychiques  : la jalousie qui fait jaunir puis verdir, l’orgueil qui harcèle et ne laisse nul repos, la haine qui pousse à écarter l’autre ou à le faire tuer, la rage et la fureur suite aux échecs ; le désespoir qui fait envisager de prendre des risques. Les autres sentiments sont la pitié et la culpabilité, le soulagement lâche du chasseur qui évite de tuer Blanche Neige de sa main .Les enfants peuvent mettre des mots sur ces ressentis.

La surprise et l’admiration des nains, leur joie, leur chagrin quand ils la perdent, leur compassion à l’égard du prince. Plus tard, l’admiration, la vénération du Prince de nature différente puis qu’ils donnent naissance à l’amour d’abord à sens unique, puis réciproque.

Les manifestations physiques sont décrites : La reine est contente (son miroir lui dit la vérité). Elle devient jaune puis verte de jalousie ; l’orgueil comme une mauvaise herbe ne lui laisse point de repos. Elle ne peut plus voir la fillette devant ses yeux.

Le chasseur s’apitoie. Il est soulagé d’un gros poids en évitant de la tuer de sa main. Il ressent donc de la culpabilité. Blanche-Neige est désespérément seule, tellement apeurée ; avec courage, elle avance tant que ses petits pieds la portent.

Le pouvoir de la beauté vient des émotions qu’elle inspire aux autres. Elle donne à celui qui la possède la position haute en suscitant chez l’autre des émotions extrêmes :

  • l’admiration des nains, l’émerveillement, l’adoration, la sidération.
  • Mais aussi l’envie, la jalousie et la haine de la belle-mère, le besoin du prince, le désir du prince qui l’emporte sur celui des 7 nains qui voulaient conserver Blanche-Neige près d’eux.

La belle obtient ce qu’elle veut sans même le demander et sans avoir à insister

La grande affaire de la vie des femmes : l’amour, le pouvoir et l’enfant.

Ce conte fait référence à une société traditionnelle où la grande affaire pour les femmes, c’est l’amour et le mariage : trouver l’amour et un bon mari et éviter un mariage destructeur et malheureux. Les contes en donnent des exemples de toutes sortes. La Belle au dois dormant ne se retrouve-t-elle pas avec pour belle-mère une ogresse ? L’héroïne de « Barbe-Bleue » avec un mari assassin ? Peau d’Ane ne doit-elle pas fuir pour éviter d’épouser le roi son père ?

Ce chemin les conduira du foyer d’origine au foyer où elles vivront avec la famille de leur mari et leurs enfants. Le modèle est clairement exogamique. Le prince se perd dans la forêt et trouve sa princesse à l’occasion d’un voyage ou d’une chasse où il s’égare. La leçon est intégrée sans avoir besoin d’être formulée.

Dans cette quête d’un partenaire amoureux, la femme dans les contes est le plus souvent passive. Dans le cas de Blanche-Neige, cela s’explique par son âge : elle a 7 ans ou à peine plus ! Le séjour dans le cercueil de verre qui la place comme en hibernation au sommet de la montagne lui permet de terminer son développement physique, si bien que le prince découvre une belle jeune fille d’au moins 16 ans là où les nains avaient placé une fillette non nubile. Mais rien n’est précisé. Le conte instruit de manière indirecte.

Dans le conte de Blanche-Neige, l’atout de départ de l’héroïne, sa ressource, c’est sa beauté rare qui inspire l’amour. Pourtant le conte suggère aussi que la très grande beauté a des inconvénients. Nous pouvons penser que la soumission de l’entourage ne prépare pas aux réalités de la vie et à ses épreuves. Les femmes trop belles reçoivent souvent le message « Sois belle et tais-toi ! ». Il peut leur paraître inutile de réfléchir. On regarde leur apparence mais on ne se soucie pas des qualités de leur personne.

Quelles permissions a-t-elle reçues ? Celle de vivre, d’être une enfant dès qu’elle est chez les nains, mais elle n’a pas la permission de grandir (les adultes sont des nains ; autour d’elle il n’y a ni enfants ni femme adulte). Elle a la permission de plaire (voir le soin qu’elle prend de son apparence : le lacet, le peigne) pas la permission de penser.

Enfermée dans le cercueil de verre comme dans une chasse de sainte, elle est objet de contemplation comme de nos jours les mannequins sur le papier glacé des magazines.

L’autre personnage féminin, la marâtre, représente le pouvoir, acquis aussi grâce à la grande beauté de cette femme qui la fit choisir comme épouse par le roi. C’est un personnage actif qui ne se laisse pas déposséder de sa première place. Elle est la femme-sorcière qui use de maléfices pour éliminer qui la gêne. Son orgueil et sa haine sont les modèles à ne pas suivre.

La place de l’enfant dans ce conte est particulière. On ne trouve aucune référence au couple des parents. La reine rêve d’un enfant qu’elle porte déjà peut-être et pour lequel elle coud, mais cet enfant n’a pas de sexe. Il est seulement parfait. On voit là la puissance de l’archétype : un conte de Grimm nous parle d’un rêve qu’on cherche à réaliser à notre époque : un enfant pour soi et un enfant parfait ! Cet enfant est d’ailleurs abandonné à la naissance, puisqu’il est orphelin de mère et que son père ne se manifeste jamais.

Quand le conte aborde le désir, c’est d’abord sous la forme de ce désir d’enfant exprimé sous forme de souhait : « Oh, si je pouvais avoir un enfant ! ». Les vœux sont réalisés dans les contes, même quand ils sont néfastes ou ridicules. Les vœux réalisés n’apportent donc pas forcément le bonheur. C’est un thème constant. La leçon implicite est qu’il ne faut pas trop rêver et qu’il vaut mieux agir.

Le thème du temps :

On retrouve ce thème en lien avec celui de la famille, famille du passé et de l’enfance et famille qu’on va fonder dans le futur. On le trouve aussi dans l’idée de la maturité physique. Il faut du temps pour développer un corps d’homme ou de femme. La compétition féminine qui démarre pour Blanche-Neige à l’âge de 7 ans la met en danger. En revanche la jeunesse est un atout inséparable de la beauté. Mais vouloir rester belle, c’est s’engager dans une lutte contre le temps, lutte perdue de toute façon à plus forte raison quand on veut comme la reine être « la plus belle » !

Conclusion : Blanche Neige aujourd’hui

Les contes qu’on lit aux jeunes enfants dans la famille ou à l’école maternelle à un âge où ils ne savent pas encore lire appartiennent à la tradition orale. Ils ont été transmis de génération en génération et en Europe ils ont été transcrits aux 17ème et 19ème siècles. Les plus connus en France sont ceux de Perrault et de Grimm. Mais, dans le monde entier, des savants ont collationné des contes de leur pays qui peuvent nous servir d’entrée dans les mondes culturels différents du nôtre. C’est en quoi ils sont précieux.

Deux cents ans après sa parution, le conte continue de nous parler à tous, enfants et adultes. Sa puissance sur notre imagination est intacte et les évolutions de notre société ne changent rien aux rêves qu’il nous autorise et aux risques contre lesquels il nous met en garde.

Les enfants sont toujours aussi vulnérables et dépendants des adultes, qu’ils les aient engendrés et mis au monde ou qu’ils aient été mandatés par une institution pour les recueillir. Certes il est devenu rare qu’une femme meure en couches, mais les aléas de la vie familiale se sont complexifiés : famille monoparentale choisie ou subie ; abandon par le père à l’arrivée d’un enfant dans la vie du couple ; divorces et remise en couple, avec ou sans famille recomposée, organisant la vie des enfants en accordéon : trois jours et demi ici et autant là. Ces modalités de vie font de l’enfance un chemin semé de pièges.

La forêt est remplacée par la rue et ses prédateurs ; les colifichets proposés par la sorcière déguisée en colporteuse sont les mêmes : on les trouve sur les étals des boutiques ; la pomme empoisonnée devient la drogue.

L’amour est là comme espérance. Le rêve du Prince charmant qui n’est pas exprimé dans la version traditionnelle du conte, fait partie du récit depuis que le film de Walt Disney nous a montré Blanche Neige balayant le logis des 7 nains en chantant : Un jour, mon prince viendra ! En revanche, l’héroïne n’est pas comme la Belle au bois dormant. Elle sort de sa léthargie parce que le bout de pomme empoisonnée a été éjecté de son corps et non sous l’effet du baiser du prince.

Le thème de la beauté et du miroir qui permet de vérifier l’apparence que l’on offre aux autres est toujours actuel. Il a même pris une ampleur considérable. Les affiches sur les murs de nos villes, les photos de mannequins dans les pages de nos magazines nous proposent des modèles rêvés pour notre identité physique, le secret résidant dans tel produit de soin ou de maquillage, telle possibilité de résister au temps grâce aux crèmes anti-âge ou à la chirurgie esthétique et cela dès le plus jeune âge. Les concours de beauté pour enfants et le botox à l’adolescence témoignent de cette folie. Pour être la plus belle, on ne cherche pas seulement à détruire ses rivales, on se détruit soi-même. Des fillettes se donnent comme but de ressembler à la poupée Barbie de leurs six ans et certaines y parviennent. On se soigne contre le temps qui passe, dès sa première jeunesse.

Les hommes qui dans le passé accordaient aussi une grande importance à leur apparence, mais qui avaient abandonné aux femmes ces préoccupations s’y mettent aussi : Miroir, mon beau miroir ! Quel pouvoir nous donne la beauté quand elle cesse d’être rare ? Comment rester en vie sous le regard des autres et éviter d’être jeté dans les oubliettes de l’anonymat.

Un autre thème a été changé, celui du pouvoir des femmes. Dans le conte, ce pouvoir tient au mariage avec le roi. Désormais les évolutions de la société font que l’accès au pouvoir peut se faire par la compétence, l’action politique et pas seulement par la naissance et la beauté.

Un rêve demeure : celui de trouver un jour la personne qui, à notre question « Où suis-je ? », répondra : « Tu es près de moi ! ».

(Ce texte que j’ai écrit en français sur le scénario de Blanche Neige a été admirablement traduit en anglais par Sarah Gornall pour le  livre publié par Giles Barrow et Trudi Newton : Educational Transactional Analysis : an international guide to theory and practice. Il correspond au chapitre 9 de l’ouvrage. )

Références :

Berne E. (1972). What do you say after you say hello ? The psychology of human destiny. New York Grove Press.

Bettelheim B.(1976). The uses of enchantment : The meaning and importance of fairy tales. London : Thames and Hudson.

English F. : What shall I do tomorrow : reconceptualizing Transactional Analysis , in « TA after Eric Berne : Teachings and Practices of three TA Schools » Graham Barnes Editor, Harper’s Colleges Press, 1977

English F. : Lettre ouverte à Agnès Le Guernic, sur le blog d’Agnès : analyste-transactionnelle.fr, section Réflexions.

Erskine R. : Life Scripts ; A Transactional Analysis of Unconscious Relational Patterns , Karnac books, 2010.

Grimm J. & W. : Contes, Paris Flammarion, 1986.

Karpman S. : Contes de fées et analyse dramatique du scénario, AAT N°9

Propp V.  : Morphologie du conte, Le Seuil 1970 (première édition : 1928, traduit en anglais en 1958).

Le Guernic A. (2004). Fairy Tales and Psychological Life Plans. T.A.J. 34, 3.

Rossati A. : C’era una volta la fiaba. Aracne, 2011

 

2 thoughts on “Blanche Neige ou le triomphe de la beauté

  1. Un article lumineux, où tu expliques en détail en quoi ce conte est d’actualité, c’est passionnant et pousse à la réflexion. J’aime beaucoup l’éclairage que tu apportes sur des thèmes aussi variés que le lien entre la beauté et le temps, les problèmes de l’éducation aussi (il m’arrive comme les nains de n’être pas écoutée dans mes conseils et mes élèves n’ont pas l’âge de Blanche- Neige) et bien sûr tous ceux afférents à l’enfance. L’évolution sociétale est aussi bien mise en valeur, le rappel initial concernant les trois regards sur le conte bienvenu. Merci Agnès! Avais – tu analysé autant en détail d’autres contes? Si tel est le cas, tu pourras mettre tes analyses sur ton blog?

    1. Merci, Odile. Je travaille actuellement sur La Belle au bois dormant. Il y a déjà un article sur Les fées et sur Le chat botté dans le texte concernant ma conférence à Esslingen. Je vais les signaler.

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