Quand nous parlons comme des parents s’adressant à des enfants…

Dans les périodes de protestations sociales comme celle où nous vivons, on parle beaucoup du mépris des élites, de leur arrogance, de l’humiliation des « petits ». Est-ce seulement un mépris de classe ou n’est-ce pas souvent un problème de positionnement dans la relation. La réponse nous indiquera si ceux que nous désignons comme les élites ont quelque chose à apprendre, certains diront s’ils sont réformables.

Comment les relations fonctionnent-elles ? 

Les systémiciens voient la relation comme un système où chacun se positionne inconsciemment de manière complémentaire ou compétitive. Chacun peut être tour à tour dans une position haute, basse ou égale par rapport à l’autre. Quand nous parlons comme des parents s’adressant à des enfants, nous nous plaçons  dans la position haute et invitons l’autre à se placer dans la position basse, celle que nous avons expérimentée dans notre enfance par rapport à nos parents et aux adultes de l’entourage. Quand nous nous présentons en position basse, nous invitons l’autre à se positionner de manière complémentaire en position haute, comme le faisaient  nos parents et les autres adultes quand nous étions enfants. Ces deux positions sont notre lot quotidien. Elles n’impliquent aucune valeur particulière en soi. Le mépris, la condescendance et l’arrogance n’ont rien à voir là dedans ni l’humilité et le sentiment d’infériorité.

En revanche face à une personne qui se positionne comme un parent face à un enfant la réaction varie : on se soumet ou on se rebelle.La plupart des conflits de la vie quotidienne découlent  d’un positionnement compétitif. Je peux rivaliser avec l’autre pour la position haute ou pour la position basse soit en revendiquant mon rôle de  dirigeant, responsable, expert sachant mieux que l’autre, soit en me situant comme non responsable, non concerné, ignorant. L’école en favorisant la compétition entre les élèves plus que la solidarité et la coopération favorise par là même les deux extrêmes : la course aux meilleurs résultats d’une part et l’abandon de toute ambition ou désir d’action d’autre part .

La première position que nous avons expérimentée dans notre vie, c’est la position basse, quand nous étions enfants face à nos parents, à nos aînés dans la famille et aux adultes en général. Même les enfants-rois dans leur famille se heurtent à la réalité du rapport de force physique et de dépendance aux adultes.

Nous avons découvert ensuite la position hauteavec les enfants plus jeunes de la famille ou les camarades d’école du même âge. Les enfants-leaders s’installent  durablement dans la position haute dans leur relation avec les autres enfants. Face à un parent malade, son enfant peut se montrer secourable, en position haute. Aucune connotation positive ou négative systématique là dedans !

Dans la vie quotidienne ordinaire, nous passons sans cesse de l’une à l’autre,dirigeant les autres ou leur obéissant, donnant des conseils ou en sollicitant, cherchant de l’aide ou en donnant, jugeant les autres ou acceptant les critiques.

Dans ces diverses situations, notre position sera observableà partir d’indices corporels et verbaux dont nous n’aurons peut-être pas du tout conscience, mais auxquels les autres réagiront : ton de voix, mimiques, gestes d’attaque ou de défense, termes employés, débit de parole. Ils sont caractéristiques de ce que nous pouvons observer chez des enfants face à des grandes personnes et chez des grandes personnes face à des enfants. Les entretiens politiques à la télévision sont une mine pour décoder les indices de la position prise par les journalistes,  les experts ou les invités ordinaires. On pourra observer aussi les réponses complémentaires ou compétitives. La réponse complémentaire permet de rester dans le lien et la réponse compétitive exprime la  rivalité et signale les conflits.

La position égale  est la plus rare. Elle est construite et elle s’apprend.. Elle suppose l’acceptation réciproque et des manières  de communiquer spécifiques : écoute, respect de son rythme et de celui de l’autre, reformulations, neutralité et référence aux faits. Il s’agit de faire abstraction de son statut professionnel ou de sa position sociale, se considérant par exemple dans le domaine politique comme des citoyens d’égale compétence, ou dans le domaine relationnel ordinaire comme des êtres humains tous estimables et intéressants.

Pour moi, la relation à l’autre qui se construit dans l’enfance, dans la famille et à l’école varie sans cesse : on passe de la position haute à la position basse et à la position égale dans la relation. Même si l’on trouve dans toutes les classes sociales  des personnes peu sûres d’elles qui adoptent spontanément la position basse dans la relation, les personnes éduquées et leurs enfants sont plus volontiers dans la position haute. Elles trouvent naturel de commander, de commenter les faits, d’être suivies dans leurs opinions. Elles évitent le plus possible de prendre la position basse, celle où l’on reçoit des ordres, où l’on s’entend dire qu’on ne pense pas comme il faut et qu’on doit obéir. Ces deux positions ont été intégrées par un enfant qui est le plus souvent en position d’infériorité par rapport aux adultes et parfois en position de supériorité par rapport à ses frères et ses camarades plus jeunes.

La troisième position, la position égale s’acquiert aussi dans les groupes : égalité à l’école entre enfants du même âge ou de la même classe à l’occasion des regroupements d’élèves. Mais pour la développer il faut qu’on y entraine les enfants.

Quel est le problèmepour ceux qu’on appelle les élites ?

Avec l’élévation du niveau de connaissances de la population en occident et le développement de la démocratie, on attendrait dans les échanges  politiques le développement d’une communication égale, dans la réflexion et la pensée. En réalité en politique on rencontre le plus souvent le jugement. Les élites n’ont pas intégré le changement général de niveau de connaissances dans la population, dû au développement des études, mais aussi à la vulgarisation générale des savoirs que ce soit dans le domaine médical, économique, psychologique, scientifique. Or la position haute est de moins en moins bien supportée (sauf en cas de danger lorsque  par exemple les pompiers protègent les passants contre l’incendie) et  tout passe pour manifestation de mépris.Le langage s’il est de bonne tenue met plus à distance qu’il ne rapproche. La franchise est perçue comme de l’arrogance. On ne veut pas de langue de bois, mais on supporte mal la communication directe.

Ceux qu’on nomme « élites » sontdes personnes considérées comme ayant du pouvoir aux plans des responsabilités, de la richesse ou du savoir.  Leur nombre a augmenté mais surtout le niveau d’instruction et d’éducation ainsi que la vulgarisation des connaissances ont transformé la population et inversé le nombre des personnes informées par rapport à celles qui sont considérées comme moins instruites. Il n’y a pas si longtemps, les personnes qui avaient fait des études universitaires étaient une minorité. Elles sont aujourd’hui beaucoup plus nombreuses. Celles qui avaient le certificat d’études vont aujourd’hui jusqu’au baccalauréat et celles qui n’avaient pas fait d’études et qui sont intéressées par la vulgarisation des connaissances sont de plus en plus nombreuses, qu’il s’agisse de la santé, de la cuisine, de l’art de cultiver les jardins ou de la psychologie. Les gens sont de plus en plus éduqués de différentes manières. Internet peut donner aussi l’illusion de la connaissance en rendant plus facile son accès. Or ceux qu’on considère comme  les élites conservent l’habitude de prendre la position haute dans la relation. Ils n’en ont pas conscience. Ils sont pris dans des automatismes. Les temps ont changé mais ils sont prisonniers de leur manière de se positionner par rapport à leurs interlocuteurs. Ils continuent de parler aux autres et des autres comme s’ils étaient des enfants. L’éducation et les habitudes acquises dans une école française qui favorise la compétition et les concours, tout cela les y pousse.

Comment repère-t-on la position haute ?

Par les généralisations (les jeunes sont comme ça !), les jugements, même positifs comme : Ils prennent (ou fuient) les responsabilités, les dénigrements (Rien à attendre d’eux)  et dévalorisations (toujours les mêmes !), les mots employés évoquant les obligations (Ya qu’à..), l’usage de l’impératif (Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas !), la valorisation de soi (faites comme moi), les mimiques et postures parentales, le ton assuré, les exagérations.  Dans les émissions politiques observez l’attitude des journalistes en position d’analyser la politique conduite  par le gouvernement. Il est frappant de voir l’assurance de certains. Elle est dans le ton, le caractère péremptoire des jugements de ceux qui adoptent la position haute. Or ils ne sont pas forcément les plus pertinents. D’autres sont plus nuancés, plus discrets. Ils peuvent prendre la position basse face aux responsables ayant à gérer un problème complexe ou se positionner en experts partageant leur analyse avec autrui.

Qu’est-ce qui rend légitime la position haute ?

C’est en général le statut ou une composante du rôle : ainsi pour les pompiers en action les ordres péremptoires destinés à sécuriser une scène d’incendie et à écarter les curieux sont les seuls adaptés à la situation. Le statut professionnel ou social en général autorise une personne à  donner des ordres à quelqu’un d’autre. Or il est de plus en plus difficile de les faire accepter. Observez l’attitude des patients vis à vis de leur médecin, des élèves ou des étudiants vis à vis de leurs professeurs, des passants vis à vis de la police ou même des citoyens vis à vis du chef de l’état. Ségolène Royal accolait toujours  à la nécessité de l’ordre le mot « juste ». C’était une manière d’anticiper sur la rébellion instinctive de nos concitoyens devant les directives, même appropriées.

Déjà qu’on attend des femmes et des hommes politiques qu’ils soient  tous parfaitement honnêtes et désintéressés, compétents dans leur domaine et bons orateurs  avec en plus une vision et un optimisme affirmés.

Je crois donc que les populations qui sont considérées comme faisant partie des élites n’ont pas appris  à se positionner en égales dans la relation à l’autre pour des raisons de culture familiale ou sous l’influence de la compétition scolaire qui justifie la position haute aux yeux de ceux qui en sont bénéficiaires.

Comment apprendre, adulte, ce qu’on n’a pas appris, enfant ?

Comment pratiquer l’égalitédans le monde du travail ou de la vie politique qui sont régis par des statuts différents ? Je crois au travail sur soi : développement personnel et thérapie qui débouchent sur une meilleure connaissance de ce qu’on introduit dans la relation. Mais on pourrait déjà commencer par un travail de formation avec vidéos afin d’identifier les indices de la position prise.

S’entraîner à observer quelle est la position apparente de chacun dans la relation ; vérifier si elle est authentique ou si des éléments de jugement (position haute) ou de dévalorisation personnelle (position basse) ne s’introduisent pas à son insu au niveau caché. Ensuite par des jeux de rôle s’entraîner à modifier sa position. C’est à ce prix qu’on pourra ouvrir son esprit et progresser dans la relation égale.

On veillera aussi  à observer les différents contenus des messages. Il existe en analyse transactionnelle un concept intéressant pour décrire les différents niveaux de message lors des échanges entre les personnes. Ce sont les échanges à double fond. Au niveau social, on informe ; au niveau psychologique ou caché, on juge et l’interlocuteur réagit au niveau caché. Soit il s’écrase devant quelqu’un en position haute, soit il se rebelle et entre en compétition. Ainsi devant quelqu’un qui interroge l’autre au niveau social : « Vous avez pensé à vous faire aider ? » on peut entendre « Vous devriez vous faire aider » et réagir en position basse : « Je ne sais pas comment procéder » ou haute « Ce n’est pas moi qui dois changer, c’est lui ! ».

Les professionnels de la communication bien formés ont acquis le pouvoir de choisir leur position. Ils savent se mettre en position basse pour amorcer la recherche d’une solution par le client ou en position égale pour en explorer les possibilités avec lui. Ils peuvent choisir entre la complémentarité et la compétition. Leur position n’est plus automatique mais délibérée. Ils savent aussi faire la chasse aux jugements en double fond en démasquant le niveau psychologique  de l’échange. C’est une vraie compétence. Dans notre monde complexe et changeant, elle devient une capacité nécessaire dans la conduite des équipes d’hommes et de femmes.

On peut apprendre la relation d’égalité à l’école dans le cadre de l’apprentissage de la langue aussi bien que de la vie démocratique. On le fait un peu par exemple lors de la gestion coopérative à l’école primaire, dans l’entraînement à l’observation et à la prise en compte des faits, en favorisant le respect de l’autre et de ses opinions. Malheureusement les émotions, les rivalités, la compétition pour les premières places l’emportent trop souvent. Travailler à développer les compétences sociales de chacun serait un objectif  important, source de bien-être pour tous. Cela peut faire l’objet de formations destinées aux adultes.

Si j’avais un conseil à donner ce serait d’y traiter les préjugés qui caractérisent l’état de parent. Dès que vous entendez : mépris, jugement, colère, ressentiment, il y a du parent dans l’air et des réactions rebelles.  Reste que le bon parent donne un cadre, protège, laisse grandir et considère l’autre comme aussi compétent et responsable que lui-même.

Car tous aspirent à être traités en égaux. On attend de tous les comportements  et les modes relationnels utilisés par les professionnels de la relation : pour être efficace, le psy doit comme l’avocat être du côté de son client ; il doit obtenir suffisamment d’informations sur lui pour pouvoir l’aider ; il doit l’accompagner sans le précéder ni le remplacer. Il doit le confronter sans le juger.

 

Les ouvrages de développement personnel, entre vulgarisation des connaissances psychologiques et recettes de bien-être

M’interrogeant sur l’engouement actuel pour les livres de développement personnel, je vous propose un questionnement pour mieux se repérer dans la diversité de ces ouvrages, entre apport de connaissances ou recueil de conseils. Mon analyse vise aussi à clarifier les réelles ressources qu’ils peuvent représenter pour le lecteur en quête de mieux-être, sans pour autant oublier leurs limites.

Les ouvrages de développement personnel se sont multipliés ces dernières années, ce qui s’explique par l’intérêt grandissant du public pour la psychologie, ses théories et ses méthodes. Je les situe sur un curseur allant des ouvrages qui apportent des connaissances théoriques et pratiques sur le fonctionnement de l’être humain aux livres de recettes de bien-être ou de mieux être. A l’extrême gauche du curseur, ils s’adressent aux formateurs et aux spécialistes des relations humaines et, à l’extrême droite, du côté des recettes, au grand public. A gauche, les tirages des éditeurs sont restreints, à droite ils sont beaucoup plus conséquents.

Ils appartiennent dans l’édition à la catégorie des guides pratiques où l’on peut trouver du conseil et des informations : livres de cuisine, de diététique ou guides touristiques, écrits par des spécialistes et répondant au besoin d’informations. Ils doivent être précis et faciles à consulter.

Concernant les guides de développement personnel, j’ai un certain nombre de questions :

– De quoi parlent-ils ?

– Par qui sont-ils écrits ?

– A qui s’adressent-ils ?

– Quelle est la part des connaissances ? Quelle est celle des conseils ?

– A quels besoins répondent-ils ?

– Quelle est leur philosophie ?

– Quel style privilégient-ils ?

Ils peuvent parler de prévention ou de soin. Ils concernent l’hygiène physique ou mentale. Les ouvrages concernant la gestion du stress concernent les deux domaines. Ils proposent souvent un enseignement visant une meilleure adaptation sociale : « Comment réussir sa vie amoureuse, élever son enfant, se faire des amis, se débarrasser de ses soucis.. » A la clé, une promesse de réussite. L’aspect pratique est toujours présent. Ils proposent le plus souvent des questionnaires et des exercices.

Ils sont écrits par des praticiens : psychologues, psychiatres, psychothérapeutes ou coaches qui présentent de manière plus ou moins succincte la théorie sur laquelle ils s’appuient dans leur approche thérapeutique et donnent des conseils en rapport avec les situations rencontrées par leurs clients. Ces conseils paraissent parfois relever du simple bon sens. En tous cas, ils invitent les lecteurs à l’introspection et à la réflexion.

La question qu’on peut poser à ce niveau de la présentation est la suivante : peut-on généraliser une pratique et donner des conseils sans contact direct avec une personne ? Quelle doit être la part du conseil et celle de l’analyse dans ce type d’ouvrage ?

Ils s’adressent à des personnes qui ne trouvent dans leur entourage ni oreille attentive, ni bon conseil ni réponse à leurs questions, ce qui fait beaucoup de monde !

Selon le type d’attente, le choix du lecteur se portera sur des ouvrages différents. Dans ces livres, en effet, la part des connaissances et celle des conseils varie, entre les grilles de lecture du monde et des relations (les connaissances) et les propositions d’hygiène mentale ou de stratégie relationnelle (les conseils).

Dans sa thèse de sociologie sur la pratique de lecture du développement personnel , Nicolas Marquis, chercheur à l’université de Saint-Louis à Bruxelles, explique le succès de ces ouvrages par l’évolution de la société vers un plus grand individualisme et par la valorisation de l’idée d’autonomie, si bien que le langage de ces ouvrages se trouve en phase avec la société d’aujourd’hui. Il s’interroge cependant : comment ces ouvrages peuvent-ils avoir la prétention d’apporter aux lecteurs des solutions à leurs problèmes personnels, comment peuvent-ils susciter à ce point l’enthousiasme ? Il évoque les « discours enjoués » des lecteurs qui en parlent.

Ceci renvoie à un questionnement sous-jacent : Comment se fait le travail de développement personnel ? Qu’est–ce qui agit dans le changement ? Que les conseils puissent apporter des solutions ponctuelles à des personnes démunies, c’est, à mon avis, évident. Mais la remise en question des automatismes scénariques peut-elle se faire en dehors d’une relation thérapeutique ? Comment agit la thérapie ? Quelle est la part de la connaissance (la présentation des mécanismes psychologiques entraînant chez la personne des prises de conscience de son fonctionnement) et celle de la relation (on expérimente dans la relation thérapeutique d’autres manières de fonctionner avec ses proches) ? Pour les analystes transactionnels, il est clair qu’il faut les deux et que la lecture d’ouvrages peut aider à réfléchir sur soi et à progresser, mais qu’elle ne suffit pas pour changer.

Voyons à quels besoins répondent ces ouvrages :

Le premier besoin à mon avis est un besoin de soutien et de réconfort : en le lisant, je vois que je suis comme les autres. Je me reconnais dans les situations évoquées par l’auteur.

Le second besoin est de donner du sens à ce qu’on vit. Il s’agit de mettre des mots sur sa situation, son ressenti et de le comprendre.

Le troisième serait un besoin d’espérance : d’autres s’en sont sortis. Pourquoi pas moi !

Il y a aussi le besoin de conseils pour agir et sortir de l’impuissance, celui de réussir et de voir les résultats concrets de ses actions, le besoin d’informations sur les approches thérapeutiques, le type d’investissement et de remise en cause qu’elles impliquent.

Reste le besoin d’une méthode si l’on veut parcourir seul son chemin. Le livre des Goulding par exemple va jusqu’à proposer un auto-diagnostic et une auto-thérapie.

Je suppose qu’il existe aussi un besoin de rêver et peut-être de s’illusionner, de trouver le mot magique : « Sésame, ouvre-toi » ou « Abracadabra » qui permettra d’obtenir sans effort la réalisation d’un vœu.

Enfin, en picorant dans les livres de développement personnel, le lecteur peut trouver l’équivalent de ce qu’il trouve dans un roman : des histoires de gens qui se sont bien sortis de leurs épreuves, des explications lumineuses, des façons de vivre totalement différentes, des récits de vie. Ils sont comme les enfants écoutant le récit de Blanche Neige ou du Petit Poucet : le miroir magique, les bottes de sept lieues, les animaux qui parlent. Si les ouvrages sont bien écrits, les histoires fonctionnent à la manière des récits romanesques. La vie des autres est souvent très intéressante. L’identification aux personnages permet des recadrages puissants. On se dit : « Ce que le personnage a fait, je peux le faire ! »

D’une manière générale, ces livres sont matière à réflexion sur soi à partir des cas présentés ; ils favorisent l’introspection et élargissent le cadre de référence du lecteur.

Leur secret ? Une philosophie optimiste et une logique de la responsabilité personnelle qui sont caractéristiques de la culture américaine : chacun est responsable de sa vie et de ses choix ; l’autonomie est un but souhaitable. La promesse du bien-être et celle de l’épanouissement personnel peuvent être tenues. L’efficacité psycho-sociale est accessible aux bonnes volontés. C’est bien aussi la philosophie de l’analyse transactionnelle. Elle ajoute le partage des connaissances et l’importance de la conscience dans l’Adulte.

Ce genre d’ouvrage demande une écriture particulière : pas de langage savant qui créerait une distance, mais un style proche et fluide, facilitant la compréhension et l’intimité. Pas de termes techniques, pas de références théoriques, car le lecteur ne veut pas se sentir à nouveau comme à l’école.

Ces exigences des lecteurs amènent les éditeurs à privilégier un type de vulgarisation où des réalités complexes doivent absolument être traduites en termes accessibles, ce qui est réalisable. Elles orientent les auteurs vers les problèmes de société sensibles qui sont abordés au travers des différentes approches psychologiques connues, sans qu’elles soient forcément explicitées. Le succès de ces ouvrages est le fruit de cette évolution.

Analyse transactionnelle en action

Cet ouvrage s’adresse  aux praticiens de l’AT exerçant dans le champ social et pratiquant le coaching individuel dit « coaching de vie ». Il peut intéressera les personnes qui se forment à la supervision. Il peut aussi répondre à la curiosité des personnes qui se demandent comment nous travaillons avec nos clients.

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