Que faire en situation d’affrontement?

1 – Vous êtes entouré de gens qui se querellent. Vous-même vous entrez dans des disputes et des affrontements. Comment se comporter dans  les conflits ?

Le conflit est la plus banale des activités humaines et la plus complexe. On s’affronte par la parole : injures, défis, dévalorisations, dénigrements ou physiquement : coups, bagarres, agressions, blessures, tentatives de meurtre, de viol. Il y a des degrés, des étapes qui mènent à l’irréparable.

Exemple : quand on entre dans une nouvelle famille, dans un nouveau service où les gens se disputent. Le conflit peut faire partie de la culture familiale ou professionnelle.

 2 – Les affrontements sont un mode de fonctionnement normal pour certains, une source de stimulations, une manière automatique de fonctionner, même si elle est source de souffrance. Faut-il pour autant vous résigner ou pouvez-vous chercher d’autres voies ?

Dans les situations de guerre, la violence est la règle, elle est organisée. Dans les sociétés féodales et mafieuses, l’exercice du droit du plus fort est réservé à des catégories de personnes : seigneurs de la guerre, chefs de gang, exécuteurs mandatés.

Prenons que vous vivez dans un état de droit et qu’autour de vous, les lois sont respectées et que vous les respectez vous-même. Vous vivez cependant chaque jour des affrontements. Repérez-les et notez-les.

Les discussions peuvent être vécues comme des disputes. Un père dit à sa fille : « tu ne m’aimes plus ? ». Quand elle lui demande pourquoi il dit ça, il précise : «  Tu ne veux plus discuter avec moi ! ». C’est l’occasion de faire le point. Le père aime bien la faire sortir de ses gonds, mais il peut y renoncer s’il comprend qu’elle en est blessée.De même, au moment d’un décès et  d’une succession, on se trouve face à un effet de loupe. Tout est exagéré par le deuil.

 3 – Pour pacifier ses relations avec les autres, il faut le décider. Etes-vous motivé pour faire  ce travail ?

Etes-vous prêt ou prête à prendre cette décision ? Comment le savoir ? Avez-vous conscience de ce que vous allez perdre en pacifiant vos relations ?

Faites la liste des conflits/problèmes : seul celui qui est dérangé par le comportement de l’autre qui lui paraît inacceptable a de l’énergie pour y mettre fin.

 4 – Les affrontements sont des problèmes. Pour les aborder, mettons nous dans une perspective de résolution de problème. Et d’abord à qui appartient le problème ? Et comment définir le problème auquel vous  avez  affaire?

C’est important pour savoir qui a le pouvoir de le résoudre. Voir la grille des niveaux d’intervention, page 111. Répondre à la question : est-ce de ma responsabilité ? Ai-je la casquette ? c’est à dire :  Suis-je légitime pour intervenir ? Sinon autant laisser tomber.

On trouve couramment deux attitudes : celle qui consiste à s’attribuer la responsabilité de ce qui ne va pas et celle qui consiste à l’attribuer à l’autre. Voir l’AT et la grille des positions de vie

Regarder la part de chacun. Pour cela il faut des outils.

Par exemple, Thomas Gordon prétend : j’ai la responsabilité de régler ce qui me dérange, c’est à dire les comportements de l’autre qui sont inacceptables pour moi et qui me posent problème. C’est celui qui est dérangé qui a le problème. C’est lui qui peut intervenir.

5 – A quel titre pouvez-vous intervenir ? Pour être efficace, une intervention doit être faite par la bonne personne. Comment être sûr  d‘être la bonne personne  intervenant au bon niveau ?

Les différents niveaux de problèmes :

  • Intrapsychique
  • Relationnel
  • Groupal
  • Organisationnel
  • Institutionnel
  • Sociétal

A chaque niveau, une personne peut intervenir de manière efficace et les autres non.

Que se passe-t-il quand votre ami essaie de régler votre problème intrapsychique à votre place, ou que votre femme veut régler votre problème avec votre copain d’enfance ? Dans le premier cas c’est à vous seul que revient la tâche de décider si  ou si. Dans le second vous ou votre copain d’enfance êtes les seuls à pouvoir décider.

Seul le responsable d’un groupe peut régler un problème dans son groupe. C’est le cas du prof pour la classe. Ses collègues ne peuvent pas intervenir.

Dans une organisation.

Dans une institution

Au niveau de la société, .

Dans le livre « Sortir des conflits », nous apprenons à repérer les interventions efficaces.

6 – Dans le domaine des relations privées, familiales et professionnelles, différentes figures se présentent : Où êtes-vous dans le conflit ? Impliqué directement ou à l’extérieur ?

Dans le domaine des relations privées, familiales, professionnelles, il y a différentes figures.

A l’intérieur comme protagoniste ou à l’extérieur du conflit comme témoin ?

  • Quand vous êtes dedans, posez–vous les questions :

– Il est entre qui et qui ?

– Quelles sont les oppositions ? les alliances ?

Dessinez-les .

  • Quand vous êtes à l’extérieur, vous pouvez rester témoin attentif, décidé à rester spectateur
  • Ou vous pouvez être sollicité par une partie pour donner un conseil
  • Ou encore être sollicité par les deux parties pour arbitrer le conflit.
  • Vous pouvez aussi être manipulé pour entrer dans un conflit qui ne vous concerne pas et où vous ne voulez pas entrer. Pensez aux joueurs de « Battez-vous » leur but est de vous attirer dans un conflit.

 7 – Les affrontements sont souvent dus aux différences entre les gens , différences de besoins, de valeurs ou de préjugés, différences de formation ou de cadre de référence, différences de rôles.
Regardons ces différences comme des moteurs de conflits (sources d’affrontements) et voyons comment les traiter.

A.     Les différences de besoins

  1.      selon Maslow : des besoins vitaux à la réalisation de soi
  2.      selon Berne : stimulation, signes de reconnaissance, structure et position
  3.       comment les concilier et trouver un terrain d’entente ?

B.     Les différences de valeurs ou de préjugés. Les impasses dues à  nos héritages .

Ce sont les différences qui créent les oppositions les plus difficiles à gérer. La stratégie est de rechercher des domaines communs dans ses valeurs : ainsi celles de la démocratie et de la recherche d’égalité peuvent tempérer les conflits idéologiques.

C.     Les différences de formation ou de cadre de référence. Les incompréhensions dues aux différentes manières de lire  la réalité .

D.    Les différences de rôles sociaux, familiaux ou professionnels

L’importance du sens et la recherche des complémentarités. C’est le cas dans les conflits entre profs et parents d’élève.

8 – Les intérêts s’affrontent souvent, aboutissant à des conflits violents : identifier ses intérêts et ceux d’autrui, accepter de défendre ses intérêts, (sinon qui le fera ?) accepter que l’autre défende aussi les siens,  la condition étant de respecter les règles. 

9 – Les affrontements sont parfois dus aux manières inappropriées de s’adresser aux autres. Avec l’étude des transactions, nous comprendrons mieux comment fonctionne la communication interpersonnelle et quels sont  ses pièges et nous pourrons l’améliorer.

A.     Les transactions simples et à double niveau, un bon outil de compréhension fine des échanges interpersonnels

B.     Les relations piégées et répétitives

C.     Les barrages émotionnels

D.    Différencier processus et contenu (ou forme et fond)

10 – Les jeux de pouvoir et la compétition sont la plus puissante source d’affrontements. Comment les comprendre, les analyser, en sortir et les prévenir ?

La recherche de la domination sur l’autre est décrite par Claude Steiner dans « L’autre face du pouvoir ». Elle se traduit par un rapport de force direct (jeu de pouvoir grossier) ou  caché (jeu de pouvoir subtil). Cette recherche est consciente et volontaire.

11 – Quelles sont les caractéristiques générales de la communication conflictuelle ? Le rôle des  dévalorisations et des disqualifications. Quelles réponses pour se protéger ?

 12 – Quelles compétences développer ? Quelles attitudes privilégier ? Quelles techniques utiliser ?

Voir les chapitres 11 et 12 de Sortir des conflits. A chaque conflit, petit ou grand sa solution..

 Il s’agit d’agir sur soi pour agir sur la relation de développer des compétences nouvelles,  de privilégier une  attitude positive et  d’apprendre à  utiliser des techniques professionnelles de communication . 

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